Le favori du deuxième tour de la Présidentielle brésilienne, le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, veut retirer le Brésil de l'Accord de Paris sur le climat et supprimer le Ministère de l'environnement. Un cadeau au secteur privé qui veut relancer l'exploitation de l'Amazonie.

Le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, favori du deuxième tour de l’élection présidentielle brésilienne le 28 octobre. Il a obtenu 46% au premier tour.
Le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, favori du deuxième tour de l’élection présidentielle brésilienne le 28 octobre. Il a obtenu 46% au premier tour. © AFP / Mauro PIMENTEL / AFP

Il y a de nombreuses raisons de redouter la victoire dans huit jours de Jair Bolsonaro, le candidat d’extrême droite à la présidence du Brésil : raciste, sexiste, homophobe. Mais il y en a une qui concerne le monde entier : ce sont ses idées catastrophiques pour l’environnement - ou plutôt contre l’environnement.

Surnommé le « Trump tropical », Jair Bolsonaro partage quelques idées simples avec le Président américain. A commencer par celle que l’Accord de Paris sur le climat est mauvais pour son pays, et il a bien l’intention de le dénoncer. 

Si le retrait des États-Unis était déjà un signal négatif, celui du Brésil serait désastreux, car ce pays est bel et bien le « poumon du monde » avec la forêt amazonienne, le plus grand massif forestier sur notre planète, et qui absorbe de ce fait de grandes quantités de dioxyde de carbone et protège la biodiversité.

Son programme est sans ambiguïtés : Jair Bolsonaro veut aussi supprimer le Ministère de l’environnement qui fusionnera avec celui de l’agriculture ; il entend ouvrir des zones forestières supplémentaires à la culture du soja et à l’élevage ; et il annonce qu’il va refuser tout nouveau droit aux peuples indigènes sur les terres.

Jair Bolsonaro promet un virage aux dépens de l’environnement, et en faveur d’intérêts économiques privés. La coalition des propriétaires terriens et de l’industrie agro-alimentaire veut faire sauter tous les obstacles qui s’opposent à leur expansion dans la région amazonienne. Elle dispose de gros moyens financiers et d’un solide appui au parlement.

Dans la crise économique et financière que traverse actuellement le pays, les préoccupations écologiques passent assurément au second plan. Malgré ses ambivalences, notamment quand il avait donné son feu vert à la construction d’un barrage controversé en Amazonie, l’ex-Président Lula avait freiné la déforestation, enjeu capital ; mais la tendance s’est inversée, surtout depuis que les conservateurs sont revenus au pouvoir il y a 2 ans. 

Les positions du favori du deuxième tour rejoignent certes les intérêts puissants qui lorgnent sur l’Amazonie, mais elles vont au-delà. 

Dans « Libération » la semaine dernière, deux historiens évoquaient « un nouvel axe autoritaire et climatosceptique traversant le globe », dans lequel se retrouvaient effectivement Bolsonaro et Trump, ou encore le Président philippin Ricardo Duterte ; mais aussi, les populistes polonais, l’extrême droite allemande et des partisans du « Brexit dur » au Royaume Uni.

Dans la campagne du premier tour, la voix de l’écologie a été portée par Marina Silva, ex-ministre de Lula qui avait claqué la porte et était restée fidèle à ses convictions. Elle n’a obtenu qu’1% des voix. A la place, c’est le « carbo-fascisme », pour reprendre la formule des historiens, qui a prévalu. Une mauvaise nouvelle pour le Brésil, mais surtout pour la planète.

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