Où l'on voit qu'entre une Amérique incertaine et une Europe qui ne s'est toujours pas affirmée, la stabilité internationale n'a jamais été aussi fragile  

Le monde est à New York. Comme à chaque ouverture de l’Assemblée générale des Nations-Unies, les présidents, Premiers ministres ou ministres des Affaires étrangères de tous les Etats du monde se retrouvent au siège de leur organisation commune, l’ONU, mais jamais il n’y eut tant d’incertitudes sur la scène internationale.

Il y eut des périodes de plus graves tensions mais même au moment de la crise cubaine de 1962, apocalypse nucléaire ou pas, le scénario était connu alors qu’aujourd’hui, on ne sait pas.

On ne sait pas ce que veut M. Trump qui, pire encore, ne le sait pas lui-même. On ne sait pas s’il veut rompre avec les contraintes du multilatéralisme et des règles de l’Onu pour rendre une pleine liberté de manœuvre aux Etats-Unis. Tous ses propos et tout ce qu’il est le laissent penser mais au pied du mur, lorsqu’il faut sauter le pas et ignorer les mises en garde des diplomates, des militaires, du Congrès, des alliés et de ses propres collaborateurs, cet homme ne cesse de reculer et de se tempérer tout en se consolant à coup de tweets vengeurs.

Où va M. Trump, on le saura peut-être mieux après son discours d’aujourd’hui devant l’Assemblée générale mais il n’est pas du tout certain qu’il veuille et puisse sortir de l’ambigüité sur la Corée du Nord, la Chine, la Russie, la Syrie et l’ensemble des crises en cours.

On écoutera l’homme le plus puissant du monde mais tous les regards seront tournés vers un beaucoup plus jeune homme, le président français, Emmanuel Macron, qui prononcera lui aussi son premiers discours devant l’Assemblée générale où il est très attendu.

Il l’est largement plus que la France ne l’est toujours parce que ce point d’interrogation qui pèse sur l’Amérique conduit beaucoup de pays à attendre de l’Europe qu’elle prenne le relais en contribuant à la stabilisation du monde. Ajoutée aux inquiétudes suscitées par Vladimir Poutine, l’imprévisibilité de Donald Trump donne une place nouvelle à l’Union européenne et donc à ce président français qui veut en faire un acteur de la scène internationale, politique et déterminant.

Image, poids, influence, nouveaux rapports de force, au fil des jours beaucoup de choses vont ainsi se jouer dans cette Assemblée générale dont les plus grands dossiers sont la Corée du Nord, les équilibres proche-orientaux, l'Iran, les rapports russo-américains et l’avenir de l’accord sur le changement climatique. L’expulsion par la violence de la minorité musulmane de Birmanie et la volonté d’indépendance des Kurdes d’Irak se sont également invitées à New York.

Il y a du travail à faire, beaucoup de dangers à parer mais les Etats-Unis sont aux mains d’un lunatique et l’Europe ne fait que se réveiller, consciente de ses responsabilités, mais en retard, très en retard, structurellement en retard.

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