12 victimes en Allemagne, l'ambassadeur de Russie assassiné à Ankara...

On assiste donc à une nouvelle série d'attentats à connotation djihadiste

C'est effectivement devenu une sorte de marque de fabrique : plusieurs opérations à quelques heures ou quelques jours d'intervalle et toutes à forte connotation symbolique ou médiatique.

Ce qu'on a du mal à ne pas voir comme un attentat à Berlin s'est passé sur un marché de Noël, non loin d'une église emblématique de la capitale allemande et reprend les codes de l'attentat de Nice, en juillet dernier.

Quant à l'assassinat de l'Ambassadeur Karlov, à Ankara, il s'est passé devant les caméras, a été perpétré par un officier de police turc qui, non seulement, a pu approcher le diplomate mais a pu introduire une arme dans un événement public.

Si l'on ajoute à cela des coups de feu tirés hier soir près de l'ambassade des Etats-Unis dans la même ville d'Ankara et une prise d'otages meurtrière dimanche en Jordanie, on a bien affaire à une vague d'attentat comme on en a connu plusieurs.

L'assassinat de l'ambassadeur de Russie en Turquie va-t-elle changer la donne entre Moscou et Ankara ?

Pour faire bref : non ! En fait, cet assassinat arrive trop tard. Non seulement les deux pays se sont rabibochés mais ils ont même coordonné leurs actions sur le terrain syrien, voire négocié ensemble les trêves qui ont permis aux Aleppins de souffler ou de fuir.

L'assassinat d'Andrey Karlov est, certes, un coup dur pour la diplomatie russe mais ce n'est pas l'équivalent de l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand en 1914. En clair, ce n'est pas le début de la 3e guerre mondiale.

Parce que, contrairement à 1914, personne n'a intérêt à internationaliser un peu plus la guerre en Syrie qui, de toutes façons, a déjà deux vainqueurs : la Russie et l'Iran, et au moins 2 vaincus : l'Arabie saoudite et l'Occident, Etats-Unis en tête.

A Berlin, c'est devant une église que le drame d'hier soir a eu lieu...

A quelques jours de Noël, sur un marché de Noël. L'Allemagne qui, avec la France, est considérée par la galaxie djihadiste comme l'autre maillon faible de l'Europe. L'endroit où frapper si l'on veut déclencher une guerre de religion.

Après tout, Mme Merkel est fille de pasteur et dirige un parti chrétien démocrate. Sauf que cette Europe-là a beau avoir des dirigeants qui parlent de « valeurs chrétiennes », y compris à Paris avec François Fillon, elle est largement sécularisé.

Avant d'être citoyens du monde, nous sommes citoyens d'une Europe unie par l'indifférence religieuse. 66% des Britanniques se disent athées ou sans religion, comme 59% des Allemands et 53% des Français.

Tuer au nom de Dieu tombe donc particulièrement à plat à Berlin, à Paris ou à Londres.

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