Trump, Jour-J

C’est fait, ce le sera dans quelques heures. Donald Trump prend aujourd’hui les commandes des Etats-Unis mais, si bavard qu’il se soit montré, nul ne sait encore ce qu’il fera de sa présidence.

Nul ne sait jusqu’où il ira dans son bras de fer avec la Chine, dans sa volonté de rapprochement avec la Russie, dans sa remise en question de l’Alliance atlantique ou dans sa volonté de remonter des barrières douanières à la frontière mexicaine. On ne le sait pas pour au moins quatre raisons.

La première est que Donald Trump s’est souvent contredit, par exemple lorsqu’il juge l’Alliance atlantique obsolète mais s’y dit très attaché. La deuxième raison pour laquelle il faut attendre et voir est que les hommes qu’il a nommés à des ministères aussi décisifs que le département de la Défense ou le département d’Etat l’ont d’ores et déjà contredit sur des points aussi essentiels que la relation avec la Russie, le transfert de l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem ou l’armement nucléaire du Japon auquel il ne serait pas hostile, a-t-il dit.

La troisième raison pour laquelle il ne faut maintenant plus juger le nouveau président sur ses tweets de candidat mais sur ses décisions à venir est que, majorité républicaine ou pas, le Congrès ne le laissera pas faire absolument n’importe quoi et particulièrement pas sur l’Alliance atlantique à laquelle les deux Chambres et les deux partis, tous les élus, restent profondément attachés.

Quant à la quatrième raison pour laquelle on ne sait pas ce que Donald Trump fera de son mandat, elle est bien évidemment qu’il existe des rapports de force de par le monde et que la Chine dont il a fait son premier adversaire n’est pas exactement Monaco mais le banquier des Etats-Unis et une puissance militaire qu’il vaut mieux de ne pas aller chatouiller, pas en Asie en tout cas.

Est-ce à dire que le président Trump pourrait ne rien avoir de commun avec le candidat Trump ?

Non. On ne sait pas. Cela reste à voir, mais il y a deux certitudes. L’une est que cet homme restera imprévisible, non seulement parce qu’il est versatile et très ignorant de beaucoup de choses, mais aussi parce l’effet de surprise est une arme extrêmement efficace dont il raffole et sait se servir. Ce président va créer beaucoup de craintes et, donc, d’instabilité sur la scène internationale.

C’est avant tout en cela qu’il est inquiétant et la seconde certitude est qu’il y a un point de son programme qu’il fera tout pour appliquer : l’abaissement de l’impôt sur les sociétés – jusqu’à 15% a-t-il dit – et la suppression du plus grand nombre possible de règles environnementales, bancaires et sociales.

Il le fera parce qu’il est convaincu que l’impôt et les règles nuisent à la prospérité économique, que ce sera profitable à ses propres sociétés et que l’accord du Congrès lui sera acquis car, sur ce point, les Républicains pensent comme lui.

La Russie, la Chine et le reste… Peut-être, peut-être pas, mais le champ libre aux entreprises et le recul de l’État, là oui, on peut parier sans risque que le candidat aura annoncé le président.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.