Aujourd'hui Anthony, c'est en Espagne que vous nous emmenez, deux mois après les élections municipales...

Des élections qui ont, souvenez-vous, bouleversé le paysage politique espagnol. Notamment dans les deux plus grandes villes du pays, Madrid et Barcelone, où des coalitions de gauche, voire très à gauche, ont pris les hôtels de ville.A Barcelone, c'est une jeune femme de 41 ans, Ada Colau, militante contre les expulsions, qui est devenue maire alors qu'à Madrid, c'est une avocate antifranquiste de 71 ans, Manuela Carmena, qui a pris les rênes de la capitale espagnole.En deux mois, elles ont eu le temps d'abord de monter leurs équipes. Ce qui n'a été simple ni à Madrid, ni à Barcelone. Dans la capitale, espagnole, Manuela Carmena a dû se défaire deux jours après sa nomination de son adjoint à la Culture.La presse a exhumé des tweets de 2011 dans lequel le nouvel adjoint faisait des blagues douteuses sur l'holocauste. A Barcelone, c'est le compagnon de la nouvelle maire qui est visé pour sa promotion au sein de la coalition qui a porté Ada Calau à la mairie.Relance : Les deux maires ont-elles aussi pris des décision ? Oui, elles ont toutes deux commencé à faire ce pourquoi elles avaient été élues ! A Barcelone, Ada Colau a édicté un moratoire d'un an gelant toute nouvelle implantation hôtelières. Barcelone croule littéralement sous un tourisme de masse envahissant.27 millions de visiteurs pour une ville d'un million et demi d'habitants. La maire a donc voulu prendre son temps pour repenser ce modèle économique. Elle a aussi décidé de baisser son salaire de 25% : elle gagnera 80.000€ par an.Elle a aussi décidé de retirer sa subvention à la candidature improbable de Barcelone pour les jeux olympique d'hiver de 2022 et aussi celle que la mairie accordait au Grand prix de Formule1 de Catalogne. Trop cher, trop polluant, trop élitiste.A Madrid, Manuela Carmena a passé une bonne partie de son temps à démentir des informations tronquées relayées par la presse conservatrice. Non, il n'y aura pas de taxes hôtelières. Non 167 rues de Madrid ne seront pas débaptisées.Un quotidien avait même affirmé que la nouvelle maire allait débaptiser le stade Santiago Bernabeu pour lui donner le nom d'un militant « communiste ». Vous imaginez bien que ça été immédiatement démenti.Mais par contre, c'est vrai que Madrid a augmenté l'aide aux cantines municipales pour que PLUS d'enfants puissent y manger. Et, à Madrid comme à Barcelone, les nouvelles maires ont lancé des programmes pour lutter contre les expulsions.Relance : La presse ne leur a visiblement fait aucun cadeau... C'est même pire que cela : je connais bien l'Espagne et j'ai pourtant été surpris de la violence des campagnes de la presse conservatrice contre les deux nouvelles administrations madrilène et barcelonaise.Rien ne leur a été épargné : ni la caricature, ni les sondages partisans, ni les insultes. Tous les jours ABC, El Mundo ou encore La Razón, 3 quotidiens marqués à droite, se sont relayés pour inlassablement tenter de discréditer les nouveaux élus.C'est un peu comme si, à 80 ans de distance, une certaine presse espagnole rejouait la Guerre civile espagnole. Comme si, malgré la transition, malgré 40 ans de démocratie, pour certains c'est toujours front contre front communistes contre franquistes. Et je dirais : de part et d'autres ! La mairie de Barcelone, par exemple, vient de faire interdire une messe qu'une association de militaires espagnols dédiaient depuis 35 ans

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