Les divergences entre la France et l’Allemagne continuent de se réduire et de se clarifier. Ce n’est pas qu’un compromis soit déjà scellé. Ce n’est pas même qu’il le sera à coup sûr avant le Conseil européen des 28 et 29 juin. Le navire européen continue de tanguer mais deux progrès encourageants ont été enregistrés hier.

Le premier est que l’Allemagne vient de se rallier à l’idée de la création d’une union bancaire européenne. Celas s’est fait à Los Cabos, au Mexique, au cours des discussions du G-20 qui semblent presque entièrement centrées sur la nécessité d’une relance économique en Europe. Parce qu’ils sont inquiets de l’ampleur de la crise européenne et craignent ses répercussions sur leurs propres économies, les pays les plus riches du monde ne cessent de presser les Européens d’agir et de resserrer leurs rangs et c’est à leur insistance que Mme Merkel a fini par accepter que l’Europe se dote d’instruments communs de réglementation bancaire.

C’était là l’un des souhaits de la France auquel la chancelière n’avait pas vraiment dit « non » mais pas « oui » non plus et, bien qu’il reste à mettre en musique et que le diable soit dans les détails, ce nouveau point d’accord vient ainsi s’ajouter à ceux qui ont d’ores et déjà actés dans les intenses discussions bilatérales en cours.

C’est important et, parallèlement, le ministre français des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, a laissé entrevoir, dans une interview à l’agence Reuters, ce que pourrait être le donnant-donnant à même d’assurer, dans dix jours, le succès du Conseil européen. L’Allemagne et nous, a-t-il dit, ne divergeons pas sur l’objectif mais sur la méthode. Nous sommes tous favorables à un processus « d’intégration politique », a-t-il poursuivi mais, alors que l’intégration politique est la condition, pour l’Allemagne, « de la mise en place d’outils supplémentaires et immédiats pour la croissance », la France considère, pour sa part que « tout processus d’intégration supplémentaire – auquel nous sommes ouverts, a-t-il insisté– doit être conduit en même temps » que le développement des instruments de croissance. Les deux, conclue-t-il, « doivent aller de pair ».

Jamais depuis l’élection de François Hollande un dirigeant français n’avait publiquement accepté cette plus grande intégration politique de l’Europe que demande Mme Merkel. C’est maintenant fait et le message passera d’autant moins inaperçu à Berlin qu’il dit entre les lignes mais clairement que la France serait disposée à ouvrir une nouvelle page européenne pour peu que l’Allemagne permette à l’Union d’engager une vraie politique de relance qui puisse raviver la foi européenne des Européens.

Le donnant-donnant est sur la table. La France s’engagera dans une intégration plus poussée si les montants alloués aux investissements communs dans l’avenir sont réellement conséquents, si une part au moins des emprunts européens est mutualisée, si le Mécanisme européen de stabilité peut devenir la banque de l’Europe et si une union bancaire, mais cela paraît maintenant acquis, se met en place. Cela fait quatre conditions, qui ne sont pas encore publiquement formulées mais autour desquelles tout se jouera.

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