L'Espagne vote donc ce dimanche…Pour des législatives et surtout pour la seconde fois en six mois.

Par Anthony Bellanger.

Or il semble bien que les Espagnols aient bien l'intention de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière politique. C'était déjà le cas en décembre dernier, avec l'irruption de deux partis nouveaux.

D'une part Podemos, le parti issu des Indignés de la Puerta del Sol, à Madrid. Et d'autre part Ciudadanos, un parti centriste que l'on oublie toujours dans les analyses mais qui est une sacrée pierre dans la chaussure des conservateurs comme des socialistes.

Cette fois-ci,  c'est l'alliance électorale de Podemos et des communistes qui a permis le « sorpasso », c'est à dire l'impensable : le dépassement, dans les sondages pour le moment, du vieux PSOE de Felipe Gonzalez ou de Zapatero.

Jamais en 40 ans de démocratie, le Parti socialiste ouvrier espagnol n'avait connu une pareille humiliation : dépassé par sa gauche et menacé de devenir une simple force politique d'appoint pour former une coalition de gauche.

Parce que c'est ce qui se joue ? Une majorité de gauche ?

Mais oui, toujours à en croire les sondages, l'Alliance de Podemos et des socialistes frôlerait la majorité absolue. Si vous ajoutez quelques nationalistes régionaux, vous obtenez une majorité qui ferait rougir de bonheur JL Mélenchon en France.

Mais tout cela, c'est de l'arithmétique, ce sont des sièges qu'on ajoute à des projections et qu'on retranche à des sondages. La réalité est évidemment plus complexe. Prenez Podemos par exemple. A priori : pas une oreille qui dépasse, à gauche toute !

En fait, il y autant de Podemos que de régions espagnoles, à commencer par un Podemos catalan, En Comú Podem, qui pèse un quart des députés de Podemos et qui exige la tenue d'un référendum pour l'indépendance de la Catalogne.

Ce qui n'est pas forcément la position de Podemos à Madrid qui, pour sa part, serait d'accord pour une formule moins contraignante que le référendum... Une réforme constitutionnelle par exemple, ou un référendum mais à la Saint Glinglin...

De toute façon, pas question de référendum pour les socialistes. Enfin... Pour les plus puissants, c'est à dire les Andalous... Vous avez compris ? Moi à peine. Mais l'essentiel, c'est qu'une coalition de gauche risque de se fracasser sur la question catalane.

En clair que se passera-t-il au lendemain du 26 juin ?

D'abord, et c'est déjà certain, le Parti populaire de Mariano Rajoy arrivera premier et loin devant. Ensuite, il y a aura un accord de gouvernement, les 4 partis l'ont promis : il n'y aura pas de nouvelles élections. Reste enfin l'attitude de celui dont on ne parle jamais.

Vous vous souvenez du début de la chronique, le parti centriste qui s'appelle Ciudadanos, qui est dirigé par un ancien nageur de 38 ans, Albert Rivera. Pendant que les autres s'écharpent sur la question catalane, lui il reste droit dans ses bottes : non !

Pas question de référendum, pas question d'indépendance et en plus, il est Catalan ! Du coup, il peut s'allier avec qui il veut : à droite comme à gauche. Le vrai faiseur de roi, c'est lui. Lui dont tout le monde aura besoin et dont personne n’ose prononcer le nom c'est lui !

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