Extrêmement fragile, il y a encore un espoir d’éviter l’échec des négociations sur le nucléaire iranien. Entrées dans leur phase finale mardi à Vienne et censées aboutir avant la date butoir de lundi prochain, elles se heurtent aujourd’hui à un blocage sur deux points principaux.

Le premier - on le disait hier - est le niveau auquel seraient limitées les capacités nucléaires de l’Iran afin qu’il lui faille un vrai délai, plusieurs mois, douze ou plus, pour passer de la possibilité de se doter de la bombe à sa fabrication réelle. C’est un point capital car ce qui se joue là est le temps qui serait laissé à une réaction internationale si les Iraniens décidaient, malgré leurs dénégations, de devenir une puissance nucléaire et non plus ce qu’ils sont déjà une puissance dite « du seuil », c’est-à-dire capable, comme le Japon, d’avoir la bombe mais ne la fabriquant pas.

Ce marchandage est, bien sûr, ardu mais là n’est pourtant pas le principal obstacle à un accord. La vraie difficulté est que le président iranien, Hassan Rohani, voudrait qu’un très éventuel compromis débouche sur une levée immédiate des sanctions économiques frappant son pays. C’est pour lui totalement essentiel car, s’il obtenait cela, il pourrait s’en targuer devant les électeurs qui l’avaient élu dans ce but en juin 2013 et créer ainsi un mouvement d’opinion à Téhéran assez fort pour empêcher que les durs du régime ne refusent le compromis auquel il serait arrivé et qu’ils craignent en fait car il ouvrirait la voie à un triomphe de l’aile réformatrice du pouvoir.

Le problème est que tout comme le président iranien a ses durs, majoritaires au Parlement iranien, Barack Obama a les siens, la majorité républicaine du Congrès qui n’accepterait jamais une levée immédiate des sanctions, quel que soit le compromis trouvé. C’est donc une levée provisoire de ces sanctions que la Maison-Blanche propose au président iranien qui ne peut pas s’en contenter pour des raisons de politique intérieure.

C’est là qu’est le blocage mais c’est là qu’est, en même temps, l’espoir car les Européens proposent, eux, un tour de passe-passe, une levée provisoire des sanctions mais sur laquelle les grandes puissances ne pourraient revenir qu’à l’unanimité. Quel que soit le successeur de Barack Obama, dit l’Europe aux Iraniens, vous auriez ainsi la garantie d’un non-retour aux sanctions puisqu’elles ne pourraient pas être réimposées sans notre accordsauf, bien entendu,si vous ne teniez pas vos engagements.

On en est là. C’est un instant important puisque jamais la diplomatie européenne n’a autant joué ses propres cartes, que la Maison-Blanche s’en réjouit car cela la libérerait des pressions du Congrès et que cela pourrait peut-être, peut-être seulement, permettre un compromis qui, pour l’heure, reste improbable.

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