L’Amérique a, maintenant, les yeux fixés sur le 7 novembre – le jour des « mid-term elections », les élections parlementaires de mi-mandat. Rares sont ceux qui osent un pronostic. Personne n’ose se hasarder à déduire de ce déluge de sondages toujours plus défavorables à Georges Bush et aux Républicains que la Maison-Blanche aurait déjà perdu le Congrès et il y a, de fait, d’excellentes raisons à cette prudence. La première est que, dans des élections parlementaires, on vote au moins autant pour ou contre le sortant, pour ou contre une personne que l’on connaît depuis longtemps et qui travaille sa circonscription, que pour ou contre le parti auquel il appartient. Toujours difficiles à apprécier, ces facteurs locaux compteront d’autant plus que le parti républicain est toujours plus divisé, que beaucoup de ses Sénateurs et Représentants ont pris leurs distances avec la Maison-Blanche, que très rares sont ceux qui se réclament d’elle dans leur campagne et que les Démocrates souffrent de n’avoir ni de grande figure pour les incarner ni de programme qui constituerait une alternative claire, pas plus en politique étrangère qu’en politique intérieure. Georges Bush n’est ainsi pas déjà devenu ce qu’on appelle aux Etats-Unis un « lame duck », un canard boîteux, un Président rendu largement impuissant par la perte de sa majorité parlementaire, mais le sondage publié, hier, par le Wall Street Journal n’en a pas moins frappé les imaginations. A moins de trois semaines, maintenant, du premier mardi de novembre, traditionnelle date des scrutins américains, les Républicains viennent de tomber au même taux de désapprobation que les Démocrates en 1994. On était alors à la moitié du premier mandat de Bill Clinton, un mandat qui avait très mal commencé, et les Démocrates avaient non seulement perdu le Sénat mais aussi la Chambre des Représentants qu’ils avaient, pourtant, contrôlée sans interruption depuis 1954. Ces élections de 1994 sont regardées depuis comme le véritable moment de basculement à droite de l’opinion américaine, d’enracinement des idées libérales et conservatrices, et la grande question est donc de savoir si, connaissant la même défaveur dans l’opinion que les Démocrates il y a 12 ans, les Républicains sont à la veille d’essuyer une défaite de même ampleur. On verra. Encore une fois, rien n’est joué mais la certitude est que, quels que soient les résultats du 7 novembre, même si les Républicains sauvent une Chambre ou les deux, ils sont désormais contraints de tout faire pour se sortir du bourbier irakien avant la présidentielle de 2008. L’appareil et les élus du parti vont maintenant faire pression en ce sens et James Baker – on en parlait mardi dans cette chronique – l’homme de confiance de la famille Bush, secrétaire d’Etat sous le père de l’actuel Président, tient prêtes trois options : le recours à un homme fort pour remettre de l’ordre en Irak, la recherche d’un grand compromis avec l’Iran ou bien encore un retrait accéléré.

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