Après la Maison-Blanche la semaine dernière, c’est l’Union européenne qui prend l’ampleur du danger. Réunis au Luxembourg, ses ministres des Affaires étrangères vont étudier aujourd’hui les moyens de mieux répondre au développement attendu de l’épidémie de fièvre Ebola qui a déjà fait plus de 4500 morts recensées au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée. L’idée serait d’articuler la réponse internationale autour des Etats-Unis dont d’anciens esclaves africains avaient fondé le Libéria et de la France et de la Grande-Bretagne, aux empires desquelles avaient respectivement appartenu la Guinée et la Sierra Leone. Ces liens historiques peuvent effectivement être utiles à l’aide qui s’organise et, parallèlement, les ministres européens devraient veiller à la mise en place, en coordination avec les Etats-Unis, d’un système d’évacuation rapide pour les médecins, infirmiers et soldats qui seront envoyés sur place et pourraient être contaminés. Très présente en Afrique, la Chine vient de s’engager à prendre part à cette mobilisation. La République Démocratique du Congo qui a dû faire face à six reprises au virus Ebola depuis qu’il y a été identifié en 1976 propose, pour sa part, de faire partager son expérience à toute l’Afrique. Le monde se réveille. Gênante à constater, la raison en est que de rares cas ont maintenant touché l’Europe et les Etats-Unis mais, bon... Toute la question est désormais de savoir s’il faut ou non craindre une épidémie mondiale de cette fièvre hémorragique le plus souvent mortelle et la réponse n’est malheureusement pas évidente. D’un côté, il n’y a pas lieu de s’attendre au pire puisque l’on ne peut être contaminé du simple fait de s’être trouvé face à une personne atteinte. La contagion ne se fait que par les fluides corporels. Des mesures d’hygiène, extrêmement strictes mais banales, peuvent ainsi la limiter et finir par éteindre l’épidémie mais, d’un autre côté, cela ne suffirait certainement pas à prendre le problème à la légère. La première difficulté est que les infrastructures sanitaires sont dramatiquement insuffisantes dans ces trois pays d’Afrique de l’Ouest et qu’une extension continentale de l’épidémie n’est ainsi pas à exclure. La deuxième est que la période d’incubation peut être longue et que les mesures d’hygiène et d’isolement sont donc aléatoires. La troisième est que l’épidémie touche des concentrations urbaines et non plus des régions isolées. Quant à la quatrième, la plus grave, elle est que la rapidité des moyens de transport favorise les épidémies et qu’il serait vain de vouloir mettre un ou plusieurs pays en quarantaine car cela ne ferait que multiplier les déplacements incontrôlés. C’est bien tardivement que le monde se réveille mais il était temps, plus que temps.

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