Où l'on voit qu'Emmanuel Macron ambitionne de faire de la France l'alternative à l'Amérique de M. Trump

Ce n’est pas le même poids. Entre la France et les Etats-Unis d’Amérique, il y a toute la différence entre une puissance moyenne et la première puissance économique et militaire du monde mais hier, à l’ouverture de l’Assemblée générale de l’Onu, seuls comptaient pourtant, à égalité, les présidents français et américain.

L’un, Donald Trump, a menacé de « totalement détruire » la Corée du Nord si elle poursuivait ses essais nucléaires et balistiques, s’en est violemment pris à l’Iran en disant son « embarras » devant le compromis nucléaire passé avec ce pays, « l’un des pires accords auxquels les Etats-Unis aient jamais participé » a-t-il dit, et s'est clairement distancé du multilatéralisme, de cette volonté de compromis permanent entre les différents Etats du monde qu’incarne l’ONU, quelles que soient ses faiblesses.

C’est un exalté, incohérent et violent qui s’exprimait là et le contraste avec le discours du président français était simplement saisissant.

Jamais, sur aucun point, Emmanuel Macron ne s’en est directement pris à Donald Trump mais tout son propos se démarquait de lui, clairement et totalement. Là où le président américain veut détruite la Corée du Nord, le président français veut la ramener « par la fermeté » à la table des négociations. Là où la Maison-Blanche laisse comprendre qu’elle voudrait renégocier l’accord de Paris sur le réchauffement climatique, Emmanuel Macron répond qu’il n’en est pas question et que la seule chose dont on puisse discuter est l’ajout de nouvelles mesures à un texte sur lequel on ne reviendra pas.

L’un dit noir, l’autre blanc et, tandis que Donald Trump brandit ses armées « bientôt plus fortes que jamais » et jure de « toujours placer l’Amérique d’abord », le président français, d’une voix égale, qualifie « d’erreur » et « d’irresponsabilité » l’idée de dénoncer sans rien proposer d’autre le compromis avec l’Iran.

Il n’y avait pas un point, pas un seul, sur lequel convergeaient ces deux hommes qui vantent pourtant la qualité et la confiance, au demeurant réelles, de leurs relations personnelles.

Emmanuel Macron ne se pose pas en anti-Trump mais en alternative à un homme dont l’amateurisme et l’imprévisibilité inquiètent le monde. Il le fait avec le poids que lui donne sa volonté de faire de l’Union européenne un acteur de la scène internationale et avec le crédit que lui confèrent, d'une part, cette tradition universaliste de la France dans laquelle il s'est inscrit avec des accents messianiques et, d'autre part, le vide soudainement créé à Washington par l’élection d’un président aussi improbable.

Face aux Etats-Unis, la France n’est que la France mais son Histoire, les valeurs démocratiques auxquelles elle est identifiée de par le monde, la force de ses armées et l’ambition qu’elle propose à l’Europe lui donnaient hier un poids singulier, celui d’un espoir d’autre chose que M. Trump.

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