Aujourd'hui, c'est la Grèce qui fait à nouveau l'actu avec la démission d'Alexis Tsipras...

Reprenons un peu les faits : voilà un premier ministre élu il y a à peine 7 mois pour s'opposer à l'austérité et qui vient de signer un nouveau plan de sauvetage accompagné d'un train de mesures parmi les plus dures jamais acceptées par la Grèce depuis 2009.

Voilà un premier ministre qui a convoqué un référendum, appelé à voter « non » aux propositions européennes et qui, sitôt obtenu satisfaction, fait exactement l'inverse : c'est à dire qu'il signe ces mêmes propositions.

Voilà un Premier ministre qui voit un tiers de ses députés entrer en rébellion, qui doit s'appuyer pour gouverner sur la droite nationaliste et même sur les deux partis honnis des Grecs, à savoir le parti socialiste, le PASOK, et la droite, la Nouvelle Démocratie.

Dans n'importe quel autre pays, ce Premier ministre là aurait immédiatement plongé dans les intentions de votes et dans les enquêtes de popularité. Ne serait-ce que parce qu'il brise un tabou : il n'a pas tenu ses promesses, il ne fait pas ce pourquoi il a été élu.

Eh bien, ces règles simples semblent ne pas s'appliquer à la Grèce en général et à Alexis Tsipras en particulier. Les sondages donnent 40% d'opinions favorables pour son parti, Syriza et la côte de popularité du Premier ministre grec atteint 60%

Relance : comment expliquer ce paradoxe...

En expliquant que ce n'est pas un paradoxe, mais que les Grecs tiennent tout simplement leur François Mitterrand. A savoir l'homme politique le plus malin et le plus madré depuis... Disons... Andreas Papandréou dans les années 80 du siècle dernier.

Je m'explique. Qui est Alexis Tsipras pour les Grecs ? D'abord et avant tout, il continue d'être un outsider. Un homme qui n'appartient pas à ce sérail politique qu'ils honnissent élection après élection et qui a, objectivement conduit le pays à la faillite.

Dehors les Papandréou, fils et petit-fils, les Mitsotakis, dont la fille et le petit fils sont encore députés ou les Karamanlis. Trois familles qui résument 60 ans de politique grecque et de compromission. Les Grecs veulent du neuf. Tsipras est leur héros.

Ensuite, les Grecs ne voit pas du tout le dernier plan de sauvetage de l'Europe comme une défaite. Au contraire. Que voient-ils ? Ils voient la moitié de l'Europe qui se bat contre l'autre moitié pour qu'ils restent dans l'euro. Et cette moitié là qui l'a emporté.

Ils voient un Premier ministre, Tsipras donc, qui se donne corps et âme pour les défendre, contre l'Allemagne du ministre allemand des finances, Wolfgang Schauble, et qui réussit à mettre dans l'embarras la chancelière Angela Merkel elle-même !

Enfin, ils voient un premier ministre qui parvient à diviser la fameuse troïka des créditeurs. N'est-ce pas le FMI lui-même par la voix de Christine Lagarde, qui demande depuis des mois la renégociation de la dette grec, contre l'avis de l'Allemagne.

Relance : Alexis Tsipras est une sorte d'animal politique...

C'est ça et il connait parfaitement son peuple. Les Grecs sont, comme les Français, un peuple politique dont la tradition n'est pas celle du consensus à l'Allemande ou à la scandinave. Ils ont besoin de dramatisation, de discussions, de suspense pour y croire.

C'est exactement et de façon étourdissante ce qu'Alexis Tsipras leur a offert : 7 mois où la Grèce a été au cœur des discussions et à la une des médias du monde entier. C'est pour cette raison que Tsipras va remporter les élections du 20 septembre. Haut la main.

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