La nouvelle mutation du virus de la Covid-19 a isolé la Grande-Bretagne du continent. Serait-ce une répétition générale avant le Brexit ?

Boris Johnson, Premier ministre anglais
Boris Johnson, Premier ministre anglais © Getty / Pool/Samir Hussein/WireImage

La Grande-Bretagne et l’UE n’ont toujours pas signé un accord post-Brexit… Et depuis hier minuit, les Britanniques ont même un avant-goût de ce que donnerait une sortie de l’Union européenne sans accord puisque la Grande-Bretagne est désormais totalement isolée du continent. Rien à voir, bien sûr, avec le Brexit...

C’est pour des raisons sanitaires et par crainte de cette mutation apparue en Grande-Bretagne de la Covid-19 qui rendrait, semble-t-il, le virus plus contagieux. Mais on ne peut pas s’empêcher d’y voir une sorte d’ironie du destin ou de répétition générale.

Le quotidien le Telegraph expliquait hier soir que - je cite – "cette suspension des liaisons entre la Grande-Bretagne et le continent menace de perturber l’approvisionnement en nourriture, en cadeaux de Noël et même en vaccins contre la Covid-19".

Le Telegraph, qui a toujours soutenu le Brexit, dit en fait deux choses : d’abord, si nous manquons de quoi que ce soit, la faute doit en revenir aux Européens et ensuite, comme lors du Blocus continental napoléonien, "we shall prevail", nous l’emporterons.

Signeront, signeront pas ?

La géopolitique, ce n’est pas l’art de deviner l’avenir, c’est celui d’évaluer les forces en présence. Par contre, je peux faire avec vous un pari raisonnable. Et je parie que la Grande-Bretagne finira par signer un accord avec l’Union européenne.

Un pays peut affronter, une voire deux crises majeures en même temps. Trois, c’est impossible : autrement dit la Grande-Bretagne peut affronter la crise de la Covid-19 et la crise économique abyssale qu’elle induit mais pas en plus une crise liée à un "no-deal".

De plus, la stratégie qui consiste à jouer la montre, à repousser les délais, à vouloir diviser pour mieux régner – en jouant par exemple Berlin contre Paris la semaine dernière encore – a buté sur bien plus que l’Union d’airain des 27 membres de l’EU entre eux :

Elle a buté sur l’agacement du patronat britannique qui ne cesse de réclamer que Londres arrête de jouer ainsi avec des millions d’emplois et des milliards de livres sterling pour des droits de pêche que la Grande-Bretagne a déjà vendus il y a 30 ans.

Un accord raisonnable et raisonné

Autour de Noël alors que les Britanniques seront occupés à autre chose qu’à lire les tabloïds. Par contre, ce sera un accord conclu après tellement de crises, de délais, d’occasions ratées et de mauvaise foi qu’il sera difficile à appliquer sans méfiance réciproque.

Un traité international ne vaut que dans la confiance mutuelle qui, après 5 années de négociations épouvantables, n’existe plus entre Londres et le Continent. En clair, tout ce qui, dans cet accord, pourra être mal interprété, le sera d’évidence.

Ensuite, parce qu’il n’y a pas de raison que les Conservateurs britanniques se comportent différemment hors de l’Union européenne que lorsqu’ils en étaient membres : c’est-à-dire avec mépris et surtout une bonne dose de rouerie.

Donc, si je pense que les Britanniques vont signer ; je pense aussi qu’ils passeront leur temps à tester les limites de l’UE et sa résolution. Vous avez aimé les quatre ans de négociations depuis le référendum de 2016 ? Vous allez adorez les cinq prochaines années ! 

L'équipe
Contact