Ce n’est qu’une probabilité mais elle ne cesse de grandir. Dans les sondages sur la présidentielle elle-même, Barack Obama serait désormais élu, dépassant de quatre points en moyenne le sénateur de l’Arizona, John McCain, l’homme qui a virtuellement remporté l’investiture républicaine. Barack Obama en est crédibilisé dans sa bataille pour l’investiture démocrate. Il en est, contre Hillary Clinton, à dix victoires de suite depuis qu’il est sorti vainqueur, mardi soir, des primaires du Wisconsin et des caucus d’Hawaï. L’ancienne Première dame en est si déstabilisée que la presse américaine soupèse et re-soupèse ses possibilité de rebondir et, humiliation suprême, John McCain l’a tout simplement ignorée dans son discours de mardi soir, après sa propre victoire dans la primaire républicaine du Wisconsin, comme s’il n’avait d’ores et déjà plus, face à lui, que Barack Obama, le candidat qui le battrait. Le sénateur de l’Arizona va trop vite. De même qu’un homme politique n’est mort que lorsqu’il est physiquement mort, une bataille électorale peut toujours réserver des surprises. Les deux Démocrates vont s’affronter dans des débats télévisés ce soir à Austin et, mardi prochain, à Cleveland. Une maladresse, une gaffe, un moment de flottement de Barack Obama et le constant message d’Hillary Clinton sur « l’inexpérience » et le manque de substance qu’elle prête à son adversaire s’en trouverait justifié. La force du jeune sénateur de l’Illinois tient tellement à l’effet de surprise qu’il a crée en s’imposant immédiatement en candidat crédible que le moindre faux pas pourrait lui revenir en boomerang. « Non, décidément, ce n’était pas cela… », s’empresserait-on de dire mais, outre que Barack Obama allie une maîtrise de vieux routier à sa fraîcheur de jeune premier, la sénatrice de New York arrive, elle, à ces deux débats sur les nerfs, sachant qu’ils constituent sa dernière chance de reprendre l’avantage le 4 mars, dans les primaires du Texas et de l’Ohio qu’elle ne peut plus se permettre de perdre. Pour elle, c’est presque quitte ou double et ces Etats qui lui semblaient acquis le paraissent sensiblement moins aujourd’hui. Les sondages y annoncent un coude à coude. Le puissant et riche syndicat des routiers pourrait annoncer, aujourd’hui, son ralliement à Barack Obama et, plus grave encore, l’analyse des votes du Wisconsin, mardi, montrent que le sénateur, déjà avantagé parmi les hommes diplômés et les Noirs, y a attiré autant d’électrices blanches que la sénatrice et qu’il l’a battue parmi les non diplômés et les cols bleus, les ouvriers. Barack Obama paraît élargir sans cesse son électorat, en mangeant celui d’Hillary Clinton et il y a, au moins trois raisons à cela. La première est que le niveau d’aversion suscité par la sénatrice, réputée dure, froide et trop à gauche, demeure impressionnant. La seconde est que l’aspiration au changement est telle que ce n’est plus un atout que de s’appeler Clinton et la troisième, la plus fascinante, est que Barack Obama semble bénéficier du fait d’être Noir, comme si les Américains voulaient à la fois enterrer la question raciale et faire d’un président à moitié africain un atout sur la scène internationale.

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