Et Anthony Bellanger a tenté d'en dire du bien...

"Et toi là-bas, arrête de lire ces fake news !"
"Et toi là-bas, arrête de lire ces fake news !" © Getty / Pool

C'est bien sûr un exercice de style. Mais c'est tout de même un exercice qui me semble utile. Comment sinon comprendre autrement que par la morgue – qui est toujours mauvaise conseillère – que 82% des électeurs républicains lui font toujours confiance ?

Comment comprendre dans le même temps qu'Hillary Clinton, qui pourtant dans n'importe quelle autre démocratie de la planète aurait remporté l'élection, puisqu'elle a obtenu 3 millions de voix de plus que Donald Trump, soit toujours aussi impopulaire ?

Selon les derniers sondages, elle est encore plus impopulaire que son opposant ! Pour comprendre, il faut absolument bannir la lecture du New York Times, du Los Angeles Times ou du Washington Post : ils sont en guerre totale, absolue avec le 45e président.

Quelques titres de ce matin pour vous convaincre : « le mépris de Trump pour l'Etat de droit », « Au secours, ma fille de 3 ans est obsédée par Trump » ; « Trump s'est rendu à la Russie » ; ou même la série éditoriale du LATimes : « Notre si malhonnête président ».

Reste qu'objectivement, il n'a pas fait grand chose de ses 6 premiers mois...

C'est exact, mais les Américains sont habitués à des démarrages lents. Ce fut le cas de Bill Clinton, qui a mis plus de 6 mois pour installer son administration. Remplacer plusieurs milliers de fonctionnaires est une gageure. Donc rien de nouveau avec Trump.

Ensuite, faire, décider, n'est pas le problème immédiat des Américains : l'économie se porte bien, tous les mois les Etats-Unis créent plus de 200 000 emplois et le prix de l'essence ainsi que les taux d'intérêt continuent d'être bas. Donc pas d'urgence.

Ce qui leur plait toujours autant, c'est d'avoir élu Monsieur Smith, non pas au Sénat mais, mieux encore, à la Maison-Blanche. Vous connaissez ce classique du cinéma américain ?

Mr Smith est un idéaliste joué par James Stewart qui se fait élire au Sénat et finit par avoir raison du cynisme et des intrigues de Washington. Cette idée de la corruption des élites vaincue par un quidam est profondément ancrée dans la Psyché américaine.

Et pour beaucoup, Donald Trump est Mr Smith. Un Mr Smith paradoxal, puisque le 45e président des Etats-Unis est riche à milliards. Mais ce n'est pas un financier, un banquier mais un bâtisseur, un entrepreneur du BTP, un autre Francis Bouygues, si vous voulez.

D’accord, mais dans les faits, le fiasco de l'Obamacare risque tout de même de lui coûter cher...

Ce n'est pas certain ! Que s'est-il passé en fait : le parti républicain a été incapable après des années de lutte acharnée et de mensonges d'abroger l'Obamacare et surtout de trouver et de faire voter un plan de substitution.

Pour beaucoup d'Américains, la démonstration est donc une fois de plus faite de l'incurie du personnel politique américains. Ceux qui ont voté Trump peuvent à bon droit souligner que leur président a fait tout ce qu'il pouvait et essaie encore !

Le même raisonnement peut être suivi pour le fameux « muslim ban », ce décret qui interdit l'entrée aux Etats-Unis des ressortissants d'un certain nombre de pays musulmans. Mais cette fois-ci, c'est la justice qui est fautive.

Enfin, pour ces Américains qui se sentent déclassés, qui ont peur pour l'avenir de leurs enfants, qui vivent dans des comtés ruraux et à l'industrie déclinante, comme la Creuse de GM&S, ce qu'il a fait est déjà beaucoup :

Il s'est retiré de l'accord de Paris et du traité commercial du Pacifique. Vu d'Europe, ça semble un énorme gâchis. Mais vu de Cleveland ou de Phoenix, les propos de Donald Trump qui disait ne pas avoir pour servir les Parisiens mais les Américains fait mouche.

Andrew Ciresi, barbier, dans sa boutique en avril 2017
Andrew Ciresi, barbier, dans sa boutique en avril 2017 © Reuters / Steve Nesius
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