A 6 semaines de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, rien ne va plus à Rio de Janeiro...

Le symbole de cette déconfiture, c'est la ligne 4 du métro de Rio. Une ligne vitale jusqu'elle doit relier la plage d'Ipanema au village olympique. Cette nouvelle ligne de métro était même l'argument phare des Brésiliens pour remporter les JO en 2009.

Or, à une cinquantaine de jours de la cérémonie, pas un train ne circule. Un millier d'ouvriers travaillent jour et nuit dans chacune des nouvelles stations pour tenter de rattraper le retard mais ça risque d'être trop juste pour tester sérieusement les trains.

Si l'on ajoute à cela, le fait que le coût de cette infrastructure a doublé entre le début et la fin de la construction, on obtient un scandale à la brésilienne, fait de corruption, de gabegie et de retard. Cette ligne est devenue le symbole de la déconfiture du Brésil.

La ligne 4 du métro de Rio n'est pas la seule infrastructure défaillante : un tramway olympique est tombé en panne massive 3 jours après son inauguration, une autoroute neuve a dû être fermée pour cause de nids de poule, et j'en passe... Beaucoup.

La ville de Rio a même dû se déclarer en « Etat de détresse économique »...

C'était avant hier et cette quasi faillite de l'Etat de Rio a stupéfié tout le pays. Mais c'était bien joué, parce que l'Etat brésilien a immédiatement débloqué près de 800M€ pour permettre à Rio de passer le cap des JO.

Et ces 900M€ ne serviront même pas forcément à payer les salaires et les retraites en retard des professeurs ou des policiers, il serviront à payer au plus vite la fin des travaux, comme ceux de la ligne 4 du métro de Rio.

Ce qui fait dire aux habitants que les corruptocrates seront payés rubis sur l'ongle alors que les services publics de base, comme la santé, essentielle dans une ville où sévit comme dans tout le Brésil, une épidémie de Zika, attendront pour être servis.

Les corruptocrates ?

Je le sais, pas la peine d'appeler le standard de France inter, « corruptocrate » est un néologisme inventé par les Brésiliens pour décrire une élite politique et économique qui vit au dépend des prébendes et des rétro-commissions de l'Etat et des régions du pays.

Et les JO sont un cible parfaite pour s'enrichir : le chantage à l'achèvement ou non des travaux a parfaitement fonctionné : les JO qui vont coûter 25Mds€, soit le double de ceux de Londres, par exemple, mais surtout le double de ce qui était prévu à l'origine.

Et encore, ce n'est rien à côté de l'orgie financière de Sotchi, près de 45Mds€, avec des équipements à usage unique, un aéroport international qui n'a servi qu'un mois et des hôtels surdimensionnés, mais pour un Brésil en pleine crise, c'est trop, beaucoup trop.

On comprend mieux, du coup, pourquoi des villes aussi sérieuses que Hambourg ou Boston aient refusé d'accueillir les JO de 2024. Au fait, par mesure d'économie, la ligne 4 du métro de Rio ne sera totalement opérationnelle qu'en 2018... C'est-à-dire plus tard.

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