Face à la crise syrienne, au moins y a-t-il désormais une position commune de la France, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. A quelques jours d’une nouvelle réunion, demain soir à Amman, des pays amis de la Syrie, les trois plus grandes puissances militaires occidentales viennent de se mettre d’accord sur les conditions qu’elles posent à la possible organisation d’une conférence de paix.

Premièrement, Londres, Paris et Washington entendent que l’objectif de cette conférence soit la mise en place d’un exécutif de transition disposant de tous les pouvoirs, y compris présidentiels. Les trois capitales n’exigeraient autrement dit pas que Bachar al-Assad démissionne immédiatement de ses fonctions mais qu’il en remette tous les attributs à ce nouveau pouvoir.

Français, Américains et Britanniques refusent, en deuxième lieu, que des personnes dont la présence pourrait compromettre le bon déroulement de cette conférence puissent y prendre personnellement part. Cela peut, bien sûr, viser les chefs de file des courants djihadistes de l’insurrection mais cela exclue tout aussi évidemment que Bachar al-Assad puisse participer en personne à ce « Genève 2 », comme disent déjà les diplomates.

La France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne estiment, troisièmement, que cette recherche d’une solution politique ne doit pas les empêcher de continuer à aider l’insurrection, y compris dans ses tentatives de modifier le rapport de forces sur le terrain. Il ne faut pas comprendre là que ces trois puissances voudraient désormais livrer de vraies armes aux insurgés mais qu’elles ne comptent pas interrompre l’appui qu’elles leur apportent en gilets pare-balles, appareils de vision ou moyens de transmission.

Contrairement à la Russie qui la demande, Français, Américains et Britanniques n’envisagent enfin pas une participation de l’Iran à cette conférence mais pourraient accepter que la République islamique soit présente aux réunions régionales qui pourraient l’accompagner si elle progressait.

Bien… C’est mieux qu’un désaccord entre Londres, Paris et Washington qui n’en étaient pas loin il y a quelques jours encore mais la crise syrienne devient, parallèlement, toujours plus accablante. Tenue depuis de longs mois par l’insurrection, la ville de Qoussair est maintenant l’objet d’un très violent assaut des forces et de l’aviation du régime qu’appuient des troupes d’élite du Hezbollah, le mouvement politico-militaire chiite qui constitue, au Liban voisin, un Etat dans l’Etat. Ajoutée à l’engagement de formateurs et officiers iraniens dont le rôle est devenu décisif, cette intervention directe du Hezbollah confirme la transformation de cette guerre civile en une guerre religieuse régionale opposant les trois alliés chiites à une insurrection essentiellement sunnite soutenue par les pays sunnites que sont les monarchies du Golfe et la Turquie.

Les passions, la haine suscitée par la barbarie du régime et l’absence de toute véritable aide militaire occidentale à l’insurrection favorisent de surcroît les courants djihadistes dont le fanatisme devient aussi odieux qu’inquiétant. Jour après jour, c’est toujours plus l’engrenage d’une catastrophe annoncée.

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