Vous connaissez la plaisanterie ? En URSS, les Soviétiques faisaient semblant de travailler et l'Etat faisaient semblant de les payer.

La version bolivarienne pourraient être : les Vénézuéliens font semblant d'aller voter et Maduro fait semblant d'avoir été élu.

Et encore : plus de la moitié des Vénézuéliens ne se sont pas déplacés alors qu'ils avaient été 80% à la faire en 2013. Reste que cette pseudo-élection, me permet de répondre en deux mots à Jean-Luc Mélenchon.

Il y a quelques jours, il expliquait avec la mesure qui le caractérise dès qu'il s'agit de parler de l'étranger, que ceux qui dénoncent la présidentielle au Venezuela sont des « larbins des Etats-Unis ». Je cite, bien sûr.

Comment dire ? On a le droit et même le devoir d'avoir deux ennemis. Il est possible de dénoncer à la fois le régime de Nicolas Maduro, qui a ruiné le pays le plus riche d'Amérique latine et en a confié les rênes aux militaires, et Donald Trump.

Une dictature est une dictature, de gauche comme de droite, et le régime vénézuélien en est une de tous les points de vue.

A Caracas, on tire sur des foules d'étudiants : plus de 70 morts par balles en 2017. A Caracas, on emprisonne les dirigeants politiques les plus dérangeants et charismatiques. Enfin, à Caracas, on affame la population et on offre de la nourriture contre un vote.

Par ailleurs, il est possible de dénoncer dans le même temps la façon dont l'administration Trump et ses conseillers va-t-en-guerre gèrent les Etats-Unis et veulent imposer un impérialisme d'arrière-garde à l'ensemble du monde.

Comment Nicolas Maduro parvient-il à se maintenir au pouvoir ?

C'est vrai que ça paraît incroyable : voilà un régime qui vient de battre le record d'inflation détenu jusque-là par le Zimbabwe des années 80 : plus de 14 000 % ! Or sa seule réponse économique est d'enlever trois zéros à la devise vénézuélienne.

Sans même parler des pénuries alimentaires et médicales ou de l'hyper violence. Comment cet homme qui a ruiné le pays le plus riche d'Amérique n'a-t-il pas déjà été balayé. D'abord, il se bat dos au mur.

Il l'a dit lui-même : s'il est battu ou en danger, il prendra les armes. C'est une menace qu'il ne faut pas prendre à la légère. Après tout, il a confié les mines, le pétrole, l'import-export aux militaires qui défendront donc les armes à la main leur bout de gras.

Enfin, pour comprendre Nicolas Maduro, il faut oser une autre comparaison soviétique : Maduro, c'est Staline, c'est à dire, comme disait Trotsky, « la plus éminente médiocrité » du parti bolchevique. Or, comme Staline, Maduro a été moqué, sous-estimé, méprisé.

Grave erreur ! Comme Staline, Maduro est à la fois le plus déterminé, le plus brutal et le plus rusé d'entre tous ceux qui gravitaient autour de Chavez alias Lénine. Et comme Staline, il a ramassé le pouvoir et ne faire preuve d'aucun scrupule pour le conserver. 

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