Les dés sont jetés. Dès aujourd’hui, les ambassadeurs américains remettront les invitations à participer, mardi prochain, à la réunion d’Annapolis où Israéliens et Palestiniens annoncent de nouvelles négociations visant à la coexistence de deux Etats. Nombre d’organisations internationales, toutes les grandes puissances et les pays du « Comité de suivi » de la Ligue arabe sont conviées dans cette petite ville maritime des alentours de Washington. Les réponses saoudienne et syrienne sont encore incertaines mais, dès le lendemain, Georges Bush recevra Ehud Olmert et Mahmoud Abbas pour un sommet tripartite marquant l’engagement des Etats-Unis dans ce processus de paix et ensuite, le départ donné… On verra. A en croire le Premier ministre israélien, un succès relativement rapide n’est pas impossible. « Il y aura des divergences, des crises, des disputes, a-t-il déclaré, hier au Caire, aux côtés du Président égyptien, mais si nous agissons avec prudence et responsabilité, il y a une chance que nous arrivions à un accord courant 2008 ». Le président palestinien a, lui, plusieurs fois parlé d’un accord dans les « six mois » suivant Annapolis mais la confiance qu’ils affichent l’un et l’autre n’est teintée d’aucun lyrisme. Les deux parties montrent, au contraire, beaucoup de retenue car Ehud Olmert et Mahmoud Abbas savent qu’ils auront du mal à faire admettre les concessions qu’ils auront à faire. Le premier devra faire accepter un partage de Jérusalem. Le second, une renonciation au retour des réfugiés palestiniens dans ce qui est maintenant Israël. La partie arabe de Jérusalem sera, ou serait, la capitale de la Palestine. Les réfugiés ne pourront s’installer que dans l’Etat palestinien à venir. Il faudra, ou faudrait, passer sur des tabous très ancrés et les deux dirigeants préfèrent, donc, installer les négociations, les faire appuyer par les grandes puissances et les pays arabes, faire miroiter l’espoir d’une paix à laquelle aspirent leurs deux peuples avant d’annoncer les prix à payer. Délibérée, leur retenue est d’autant plus justifiée que les problèmes ne se limitent pas à Jérusalem et aux réfugiés. Le principe de base est qu’Israël se retirera de toute la Cisjordanie comme il l’a déjà fait de Gaza mais les questions de sécurité et l’impossibilité de déménager les plus importantes colonies israéliennes, de véritables villes, obligeront à procéder à des échanges de territoires, autrement dit à tracer des frontières. Des plans existent mais tout sera formidablement difficile et risqué. L’échec n’est pas plus impossible que le succès mais il y a, oui, un véritable espoir, fondé sur une inquiétude générale. L’échec, ce serait la victoire des islamistes et de l’Iran, un triomphe du radicalisme que ni les Israéliens, ni le Fatah, ni les Américains, ni les pays arabes ni aucune puissance ne sauraient souhaiter. En l’affaire, la peur est bonne conseillère et les Etats-Unis, surtout, ont besoin d’arriver à cette paix pour pouvoir reprendre la main au Proche-Orient. Les dés sont jetés. On verra.

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