L’Union européenne présentera, mercredi prochain, un plan de relance coordonnée de ses 27 économies. Bruxelles et toutes les capitales nationales y travaillent. Nicolas Sarkozy s’en est entretenu, hier soir, avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Il tentera, lundi, de définir, avec Angela Merkel, ce que pourrait être un apport commun de la France et de l’Allemagne à ce plan qui, selon le ministre allemand de l’économie, Michael Glos, devrait mobiliser quelques 130 milliards d’euros, soit 1% du produit national brut de chacun des vingt-sept Etats membres. Beaucoup d’économistes préconisent un effort bien supérieur, 2% des PNB. Il est peu vraisemblable qu’on aille, d’emblée, jusque là et dépasse de beaucoup cette barre des 130 milliards. Il reste à voir, surtout, si l’on ne va pas se contenter de mettre du vieux vin dans de nouvelles bouteilles, d’appeler plan de relance la simple mobilisation de budgets européens déjà existants et l’addition d’efforts déjà décidés par les différentes capitales. Il y a quinze jours encore, c’est ce qui se dessinait. La pluie de mauvais chiffres tombée depuis semble donner à réfléchir aussi bien à la Commission qu’aux gouvernements nationaux. On ne sait pas encore ce qui sera vraiment annoncé mercredi pour la simple raison que rien n’est encore arrêté mais, au-delà de cette incertitude, l’important est cette volonté des gouvernements européens de coordonner leurs réponses à la crise et d’y répondre par la dépense budgétaire. Après la crise bancaire à la rentrée, la menace de récession est en train de modifier le fonctionnement de l’Union en la dotant d’un nouveau cœur décisionnel, la zone euro, et en ébranlant, parallèlement, le tabou d’une politique économique commune dont on commence, de fait, à accepter l’idée dès lors que les 27 en viennent à vouloir agir en coordination pour relever le défi auquel ils sont confrontés. Le plan qui se prépare n’est probablement pas encore à la hauteur de l’enjeu. Ce n’est encore qu’un balbutiement. On est loin, surtout, d’une harmonisation des politiques fiscales dont beaucoup de gouvernements ne veulent toujours pas entendre parler. On est encore plus loin d’une convergence, même tendancielle, des politiques sociales à laquelle les pays les plus libéraux sont totalement opposés. Tant qu’on ne s’orientera pas, au moins, dans ces deux directions, on ne pourra pas parler de politique économique commune puisque les distorsions resteront très grandes au sein de l’Union mais, nécessité faisant loi, les tabous reculent. Si l’Europe ne parvenait pas, sous deux ou trois mois au plus, à prendre de vraies mesures communes, investissements communs dans les infrastructures et baisse de la TVA, il est à craindre qu’elle ne se délite tandis que les Etats commenceraient à subventionner leurs industries nationales. Ce danger existe mais, si l’idée de la relance commune finit par s’imposer, ce qui est peut-être bien le cas, l’Union pourrait sortir infiniment plus unie de cette crise.

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