Cette trêve que la nuit n’a finalement pas conclue bute sur un problème dramatiquement simple. En position de force au terme d’une semaine de crise, le Hamas veut obtenir d’Israël une totale levée du blocus de Gaza que le Premier ministre israélien ne veut pas lui concéder de peur de lui offrir ainsi un trop grand triomphe. Les morts s’ajoutent donc aux morts alors même que cette trêve, les deux parties en ont également et très profondément besoin.

Dès lundi soir, Benjamin Netanyahou, ne cachait plus qu’il la souhaitait car, si la crise se prolonge, il devra donner l’ordre à ses militaires d’entrer dans Gaza pour arrêter, tuer ou mettre en fuite les dirigeants du Hamas. Or, longue et difficile, cette opération coûterait la vie à tant de soldats que l’opinion israélienne pourrait finir par demander des comptes à la droite au pouvoir qui ne serait alors plus certaine de remporter les élections de janvier prochain.

Parallèlement, une invasion de Gaza ferait inévitablement d’encore plus nombreux morts dans la population de ce territoire très densément peuplé. L’image internationale d’Israël en souffrirait gravement alors même qu’elle s’est déjà considérablement dégradée depuis une dizaine d’années et le pire serait qu’à terme, tout cela aurait été totalement vain.

Israël devrait finir par se retirer car il n’a aucune intention de réoccuper Gaza, d’en prendre l’économie en charge et d’y faire face à une guérilla permanente. Lentement mais sûrement, le Hamas et les autres groupes islamistes se reconstitueraient et se réarmeraient avant de reprendre leurs tirs contre les villes israéliennes et, sous trois à cinq ans, la même situation se recréerait.

Assortie de garanties de sécurité, une trêve serait infiniment préférable à cette somme d’alea pour Israël et son Premier ministre et le Hamas y aurait tout autant intérêt. Lui non plus n’est pas certain que l’opinion palestinienne ne se retourne pas contre lui si les combats s’amplifient alors que là, si les armes se taisent, il s’en sort bien et même très bien.

Il a considérablement accru son prestige en montrant que ses missiles étaient désormais capables d’aller frapper Jérusalem et Tel Aviv même si aucun d’entre eux n’y a causé de victimes ou de dégâts. Il a complètement marginalisé son grand rival, Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne qui n’aura été qu’un spectateur impuissant de cette crise.

Le Hamas s’est imposé là en première force du mouvement national palestinien et, en échange de son engagement à ne plus prendre pour cibles les villes israéliennes, il pourrait obtenir, si ce n’est la totale levée, un allégement du blocus de Gaza qui constituerait déjà pour lui une victoire éclatante. Seulement voilà, le mouvement islamiste voit si bien le dilemme israélien qu’il maintient la barre haute, la complète levée du blocus ou rien, et joue avec le feu.

Les pressions sur les deux parties sont très fortes. Les Etats-Unis tentent d’arracher un geste à Benjamin Netanyahou car ils craignent un embrasement régional. L’Egypte tente de faire entendre raison au Hamas car elle ne veut pas avoir à prendre position dans une guerre totale. Tout espoir n’est pas perdu mais, plus le temps passe, plus les dangers s’accroissent.

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