Nicolas Sarkozy s’exprimait, hier, devant l’Assemblée générale de l’Onu. Comme à tous les chefs d’Etat et de gouvernement, le temps lui était compté, mais il a fait entendre son désir à promouvoir de changements sur la scène internationale. Après avoir annoncé sa participation, fin janvier, au sommet de l’Union africaine d’Addis Abeba et une augmentation de 20% de la contribution française au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, il a tout à la fois plaidé pour une nouvelle gouvernance mondiale et l’imposition d’une taxation mondiale sur les transactions financières, deux propositions qui ne font pas l’unanimité. « Nous sommes au XXI° siècle, nous ne pouvons pas continuer avec la gouvernance du XX° », a-t-il dit après avoir lancé : « La finance s’est mondialisée. Au nom de quoi ne lui demanderions-nous pas de participer à la stabilisation du monde ? ». C’était l’autre Sarkozy, pas celui des imprécations de Bruxelles mais celui de la présidence de l’Union européenne, du cessez-le-feu entre la Russie et la Géorgie, des discours de Davos et Toulon contre les dérives du capitalisme financier, celui, surtout, qu’il veut être cette année aux commandes simultanées du G-20 et du G-8-, du forum mondial élargi qu’il avait imposé à Georges Bush après la crise de Wall Street et du vieux club des plus riches des pays du monde. Nicolas Sarkozy prend la présidence du premier en novembre et celle du second en janvier. Cela le mettra au cœur de tous les débats internationaux, en position d’en fixer l’agenda et, outre la taxation des transactions financières, l’aide à l’Afrique et la recomposition du Conseil de sécurité des Nations-Unies, il veut utiliser cette double présidence pour se faire l’avocat d’une réforme du système monétaire international et d’une stabilisation du cours des matières premières, de nouveaux pas dans la régulation des marchés et de nouvelles mesures contre les paradis fiscaux. A un an de la bataille pour sa réélection, il voudra se faire le grand réformateur d’un monde en crise, mais quelles sont ses chances de réussite ? Elles ne sont pas nulles mais incertaines. D’un côté, Nicolas Sarkozy s’avance en terrain balisé car les faillites bancaires de l’automne 2008 ont démonétisé les dogmes libéraux et remis les Etats en scène. Le monde est en quête d’une volonté politique mais, de l’autre, le paysage a beaucoup changé depuis les six mois de la présidence française de l’Union européenne. Le monde avait, alors, une empathie pour ce nouveau chef d’Etat qui ne s’interdisait rien et la fin de règne d’un Georges Bush dépassé créait un vide que Nicolas Sarkozy avait su pleinement occuper. Aujourd’hui, non seulement le président de la République a écorné son prestige international mais, Berlin en tête, il a crispé nombre de capitales européennes et l’Amérique a un président qui ne se laisse pas bousculer et ne se laissera pas dicter de grandes décisions par un homme qu’il ne comprend guère. Nicolas Sarkozy va beaucoup se dépenser sur des thèmes qui en valent la peine mais son volontarisme ne fera pas tout.

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