A tout seigneur, tout honneur, commençons par les Etats-Unis...

L’Amérique est la première des interrogations de l’année qui s’ouvre car la présidentielle du 8 novembre n’est pas tout.

Donald Trump sera probablement battu. Hillary Clinton devrait devenir la première femme à entrer à la Maison-Blanche mais la jeunesse avait soutenu son concurrent de gauche, Bernie Sanders, et deux des thèmes du candidat républicain, l’hostilité au libre-échangisme et le désengagement des Etats-Unis de la scène internationale, se sont révélés extrêmement populaires.

Les Américains veulent, d’abord, penser à eux-mêmes.

Ils veulent plus de social, moins d’interventionnisme et moins d’usines fermées par la concurrence chinoise. La future présidente ne pourra pas ignorer ces aspirations et c’est une nouvelle Amérique dans un monde nouveau qui, plus que jamais, comme sous Obama, va continuer à se chercher.

Entre-temps, la Russie se sera élu un nouveau Parlement. Hautement prévisibles, les résultats de ce scrutin du 18 septembre ne changeront rien en eux-mêmes mais peut-être pourraient-ils ouvrir une nouvelle ère à Moscou où Vladimir Poutine vient de remanier son premier cercle tandis que courent des bruits de présidentielle anticipée. Soumis à réélection dans deux ans, le président se cherche lui aussi un nouveau cours car les difficultés économiques de son pays sont immenses.Il lui faut rebondir mais il parait encore hésiter entre une réconciliation avec les Occidentaux et la poursuite de la réaffirmation nationaliste de la Russie - entre deux options opposées qui auraient, chacune, d’importantes répercussions pour l’Ukraine et la Syrie.

Après les Américains, ce sont les Français qui voteront et, bien au-delà de leur choix, deux choses compteront alors. La première sera le score qu’atteindra le Front national au second tour et l’autre sera la capacité de la France à relancer l’Union où elle retrouve, avec le Brexit, une place absolument centrale.

En Allemagne, enfin, les législatives de 2017, pourraient bien aboutir à la formation d’une coalition entre les Verts et la droite parce que les sociaux-démocrates sont tentés d’aller se refaire dans l’opposition et que Mme Merkel aurait besoin d’un nouveau souffle.

L’année sera, parallèlement, celle du grand recul de Daesh, déjà partout en difficultés, en Syrie, en Irak, en Libye, mais cet échec programmé ne réduit pas le risque d’attentats. Il l’augmente au contraire car l’Etat islamique tentera de retarder sa fin en ensanglantant à nouveau l’Europe.

En Syrie, la donne parait devoir changer car, coup d’Etat évité, le président turc, Recep Erdogan, voudrait maintenant favoriser un compromis avec Bachar al-Assad tant il craint que l’émergence d’un Kurdistan syrien ne renforce l’irrédentisme de ses propres Kurdes.

Quant à l’Union européenne, septième interrogation de l’année, elle a désormais tant de crises à surmonter que son destin en est incertain. Sa pérennité est entre les mains de l’Allemagne, de la France et de leurs électeurs.

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