Entre le Premier ministre indien et le président français, l'entente est plus que cordiale et l'amitié démonstrative. Ca tombe bien : l'Inde a besoin de tout ce que nous savons produire !

Aujourd'hui, Emmanuel Macron reçoit Narendra Modi, le 1er ministre indien et Il ne fait pas que le recevoir : il l'invite au G7 ! Alors, je vous rassure – je vous sentais inquiet – il ne s'agit pas d'une intronisation : l'Inde ne fait pas encore partie des 7 premières économies du monde. Même si elle n'en est pas loin. Je dirais encore 5 ans.

Mais il y a un autre critique pour faire partie de ce club très sélect dont le moindre faux pas peut vous en exclure – comme la Russie avec l'annexion de la Crimée. Il faut être une démocratie. Or, ce critère-là, l'Inde le remplit depuis plus de 70 ans.

C'est même devenu un lieu commun de le faire remarquer : l'Inde est la plus grande démocratie du monde, avec ses 900 millions d'élections et ses élections interminables qui se déroulent sur plusieurs semaines.

Alors, c'est une démocratie – comment dire – heurtée, qui se noie parfois dans sa propre bureaucratie souvent kafkaïenne et qui, parfois aussi, perd son âme aux confins du Cachemire ou dans des conflits religieux meurtriers. Mais c'est une vraie démocratie.

Parce que c'était lui, parce que c'était moi

J'allais presque dire, pour vous répondre, parce que c'est la France et parce que c'est l'Inde. Ou plutôt, parce que c'est Emmanuel Macron et parce que c'est Narendra Modi. C'est deux-là éprouvent un plaisir non dissimulé à se fréquenter, à se revoir.

Ils se tiennent main dans la main dès qu'il le peuvent par exemple. A la manière indienne. C'est presque émouvant à voir. Inutile de préciser que dans ces conditions les félicitations françaises pour la réélection en mai de Narendra Modi étaient sincères.

Cette amitié entre les deux hommes d'Etat se voit jusque dans les détails : Narendra Modi sera reçu, non pas à l'Elysée mais à Chantilly. Or, rien ne peut faire plus plaisir à un dignitaire indien qu'un château français et un jardin vert et fleuri à la française.

Lorsqu'un film de Bollywood veut faire rêver à l'Europe les Indiens, les réalisateurs de Bombay ou de Chennaï utilisent ces codes-là : le château, le jardin à la française – qui ressemble beaucoup aux jardins moghols mais en plus vert – et aussi les Alpes.

Au delà de la diplomatie paysagère

Bien sûr ! Il y a d'abord cette conviction, côté français, que la France à largement raté son implantation en Chine, dans les années 90 à 2000. Pas question de faire la même erreur avec New Delhi. Il faut donc mettre les bouchées double.

De plus, si l'on regarde bien, l'Inde, c'est un peu la France en grand ! De quoi ont besoin les Indiens ? D'infrastructures ferroviaires et de métros ; de centrales nucléaires ; de systèmes de traitement des eaux complets et d'avions de combat dernier cri.

Pile ce qu'avec la SNCF, Alstom, EDF, Vinci, Eiffage et Dassault, voire Airbus, nous savons faire. Ajoutez à cela les ambitions spatiales indiennes en matière de satellite et de lanceurs – et vous obtenez un portefeuille complet d'entreprises bien de chez nous !

Mieux encore : l'Inde adore diversifier ses partenariats stratégiques : par exemple, elle achète des armes aussi bien aux russes, qu'aux Français - 36 Rafales tout de même. Avec ce cadeau du ciel qu'est Donald Trump qui, en ce moment, a le don d'agacer M. Modi.

Trains, centrales et Rafales

Concrètement, EDF est en train, par exemple, de discuter la construction de 6 EPR en Inde. Concrètement, la France est le 2e pays, après les Etats-Unis a avoir signé un accord d'aide logistique militaire avec l'Inde.

Concrètement enfin, nous allons participer au lancement de 8 à 10 satellites indiens de surveillance maritime. En clair, si l'amour franco-indien ressemble à Chantilly, les preuves d'amour, elles, se comptent en milliards de dollars.

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