Par 128 délégations contre 9. 128 pays qui ont bravé les menaces de l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, doublée de celles du président des Etats-Unis. 128 pays qui rejètent donc la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d'Israël.

D'abord les menaces américaines : Donald Trump a promis de se souvenir des pays qui auront osé défié les Etats-Unis sur cette question quand il s'agira d'attribuer des aides en argent comme en nature. La question est de savoir si ces menaces ont été efficaces.

Assez étonnamment, la réponse est plutôt oui. Certes, parmi les 128 pays rebelles, on trouve quelques uns des plus importants récipiendaires d'aide américaine, comme l'Egypte, la Jordanie l'Afghanistan ou encore le Pakistan.

Mais ces pays-là ne pouvaient pas ne pas dire oui : ce sont des pays musulmans pour qui la question de Jérusalem est un sujet particulièrement sensible : impossible de voter contre, ne serait-ce qu'aux yeux de leur population.

L'efficacité des menaces américaines, en fait, il faut la chercher dans les abstentions ou les votes nuls – c'est-à-dire les pays qui n'ont pas pris la peine de participer au vote. Or 35 pays se sont abstenus et 21 n'ont pas fait le déplacement. C'est beaucoup.

Cela dit, les Etats-Unis sont tout de même totalement isolés

Effectivement, malgré les réserves que je viens d'émettre, le vrai résultat, le seul qui compte est l'agrégation de ces 128 pays qui ont donc réaffirmé que le statut de Jérusalem ne saurait être décidé qu'à l'issue de négociations de paix. Pas avant.

Or parmi ces pays ont trouvé l'essentiel des pays de l'Union européenne, y compris l'Allemagne. Je souligne ce point parce que l'Allemagne a l'habitude de s'abstenir dès qu'un vote touche Israël ou le conflit israélo-palestinien. C'est donc une vraie nouveauté.

Evidemment, on peut se moquer de l'ONU et de ses résolutions non-contraignantes adoptées en assemblée générale. Mais en fait, ce vote est plus important qu'il n'y paraît. Le calcul de Donald Trump sur le conflit israélo-palestinien part d'une idée plutôt saine :

Il constate que depuis 50 ans, depuis 1967, les plans de paix, tous plus retors et savants les uns que les autres, se sont succédés et ont tous été de retentissants échecs. L'idée américaine est donc de renverser la table et de proposer quelque chose de neuf.

Donc commencer par Jérusalem ?

Plutôt que de finir par Jérusalem. Sauf que ce n'est pas possible et ce vote aux Nations unies en est une démonstration par l'absurde. En retirant Jérusalem des négociations, les Etats-Unis les ont tout simplement rendues sans objet, ces négociations de paix.

Sans intérêt en somme. D'où, par exemple, la décision palestinienne de ne plus reconnaitre les Etats-Unis comme un partenaire. Or, si Donald Trump veut un accord de paix, il lui faudra bien des Palestiniens pour signer et des parrains pour l'adouber.

C'est là tout l'importance de ce vote onusien : il démontre par l'absurde, je le disais tout à l'heure, que d'un côté se trouvent les Etats-Unis et Israël et de l'autre personne. Enfin, si pardon : il y a tout de même 7 pays qui ont suivi les Etats-Unis.

Permettez-moi de les citer pour mieux comprendre le problème : le Togo, la Micronésie, Nauru, Palau, les îles Marshall, le Guatemala et le Honduras. Le roi américain est bel et bien nu, et maintenant il faut que quelqu'un se dévoue pour lui dire.

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