Ce qu’on pouvait espérer du Brexit et de M. Trump semble s’avérer : l’Europe paraît sortir de sa langueur et se réveiller.

Steve Bannon (tout à gauche), le nouveau "chef de la stratégie" de Donald Trump
Steve Bannon (tout à gauche), le nouveau "chef de la stratégie" de Donald Trump © AFP / Brendan Smialowski

Steve Bannon

Donald Trump a un gourou. Ancien patron d’un site d’extrême droite particulièrement virulent, il s’appelle Steve Bannon et cet homme qui est aujourd’hui conseiller stratégique de la Maison-Blanche et siège au Conseil national de sécurité s’est entretenu il y a une douzaine de jours avec l’ambassadeur d’Allemagne à Washington.

A en croire l’agence Reuters qui révélait hier cette rencontre, M. Bannon aurait longuement dit à l’ambassadeur tout le bien qu’il pense des nouvelles extrêmes droites européennes en lui expliquant que l’avenir de l’Europe n’était pas son Union mais le réveil de ses nations qui ont toujours fait, aurait-il souligné, l’histoire du continent.

Resserrer les rangs européens

Le fait que cette histoire soit celle de guerres permanentes qui avaient culminé dans l’horreur de deux guerres mondiales et que l’Union ait précisément été conçue pour rompre avec ces siècles de sang ne semble pas entrer dans les catégories mentales du conseiller de la Maison-Blanche mais bon… Il faut se faire à l’idée qu’il y a désormais des gens extrêmement étranges aux commandes des Etats-Unis et cela ne semble heureusement pas échapper aux dirigeants européens qui intègrent cette réalité et agissent en conséquence.

Les assurances que le vice-président américain leur avait données la semaine dernière ne les ont pas convaincus. Ils ont au contraire été frappés par la très grande retenue du vice-président vis-à-vis de l’Union et leur volonté de resserrer les rangs européens n’en a été que renforcée.

Aller de l’avant vers des politiques communes

A la fin de la semaine prochaine, les dirigeants des quatre plus grands pays de l’Union ( Allemagne, Espagne, France et Italie), se réunissent à Versailles pour mettre la dernière main à des propositions communes qu’ils soumettront à leurs partenaires avant le 25 mars, jour du soixantième anniversaire du Traité de Rome.

Ils entendent aller de l’avant vers des politiques de Défense et de sécurité communes, des investissements communs dans les industries d’avenir et l’harmonisation de leurs règles fiscales et de leurs systèmes de protection sociale.

Une Europe différenciée

Ils entendent le faire à quatre, à six ou à plus, le faire avec tous ceux qui le voudront, mais le faire quand bien même d’autres ne voudraient pas suivre.

C’est si vrai que Paris et Berlin sont en train d’abandonner, au profit de l’expression nouvelle « d’Europe différenciée », l’expression « d’Europe à plusieurs vitesses » sur laquelle Angela Merkel et François Hollande venaient pourtant de lever un tabou.

Ce n’est plus seulement que la France et l’Allemagne assument et prônent une différence de rythme dans la construction européenne entre les plus et les moins allants. C’est aussi qu’il disent, et c’est totalement nouveau : nous allons vers l’intégration politique ; nous la ferons, première étape en dix ans, et libre à d’autres qui n’en veulent pas d’en rester à l’actuelle union commerciale, pas de drame mais pas de freinages non plus. Ce qu’on pouvait espérer du Brexit et de M. Trump semble s’avérer : l’Europe paraît sortir de sa langueur et se réveiller.

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