Promesse tenue. Alors que les bombes pleuvaient encore sur Gaza, Barack Obama avait indiqué qu’il « s’engagerait, dès le premier jour, dans le processus de paix proche-oriental » et, dès hier, il l’a fait. Dès le premier jour de sa présidence, il a appelé les dirigeants de l’Egypte, d’Israël, de la Jordanie et de l’Autorité palestinienne pour leur dire sa volonté «d’œuvrer activement à la paix israélo-arabe » et deux détails comptent dans cette démarche. En ne parlant pas de « paix israélo-palestinienne » mais « israélo-arabe », la Maison-Blanche, d’abord, a semblé souligner l’importance que le nouveau président accorde à la proposition de la Ligue arabe de négocier une reconnaissance d’Israël par la totalité des pays arabes, en échange de la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967. Au temps d’Ariel Sharon, Israël avait largement ignoré cette offre. Le candidat Obama avait laissé comprendre qu’il le déplorait. Depuis de longs mois déjà, Israël paraît prêter plus d’attention à cette proposition que la Ligue, soucieuse de ne plus laisser ce conflit alimenter les radicalismes iranien et islamiste, avait récemment rappelée à pleines pages de publicité dans la presse américaine. Il n’est pas exclu que le président Obama étudie la possibilité de relancer les efforts de paix par ce biais qui aurait le triple avantage d’ouvrir une perspective de paix globale à Israël, d’être difficilement récusable même par la droite israélienne et de sommer le Hamas de choisir entre un complet isolement et le règlement définitif auquel la population palestinienne aspire. La piste est intéressante et, en attendant, second détail d’importance, Barack Obama a pris soin de marquer son soutien au président de l’Autorité palestinienne. C’est à lui qu’il a réservé le premier de ses appels d’hier pour faire voir, sans grands mots, qu’aussi affaibli que soit Mahmoud Abbas par la solidarité que les bombardements de Gaza ont value au Hamas, l’Autorité palestinienne reste l’interlocuteur des Etats-Unis et le vecteur de tout règlement. Le message était aussi bien destiné à la population palestinienne qu’aux Israéliens, rappelés, par là, à moins de trois semaines d’élections législatives qui pourraient voir la droite l’emporter, à la nécessité de marcher vers la coexistence de deux Etats. Pour un premier pas dans la plus complexe des arènes diplomatiques, c’était vite et finement mené mais ce n’est pas tout. Outre que la Maison-Blanche a, parallèlement, annoncé la prochaine nomination d’un émissaire pour le Proche-Orient en la personne de Georges Mitchell, l’homme qui avait su ramener la paix en Irlande, une autre promesse a été remplie hier. Les conditions de détention et d’interrogatoire à Guantanamo vont être revues. Toutes les procédures y sont suspendues et cette oubliette, hors du droit, sera fermée sous un an, le temps de déterminer la conduite à suivre vis-à-vis de ses prisonniers. Ce n’est pas seulement à une violation de toutes les lois qu’il est mis terme. C’est surtout que Barack Obama confirme au monde que la lutte contre le terrorisme ne sera plus menée aux dépends des principes de la démocratie.

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