Aujourd'hui Anthony, direction la Grande-Bretagne où le Premier ministre voudrait en finir avec le communautarisme...

Vous avez bien entendu : David Cameron, Premier ministre de Sa Majesté veut en finir avec ce qu'il appelle la « ségrégation » des communautés musulmanes en Grande-Bretagne. Ségrégation qui serait une des causes de la radicalisation islamiste.

Dans un discours important qu'il a prononcé lundi, il veut désormais – je le cite – que « les écoles situées dans les quartiers à forte communauté musulmane fusionnent avec des écoles majoritairement blanches et que la mixité soit assurée dans les quartiers ».

David Cameron ajoute : « il n'est pas sain que l'on puisse grandir et aller à l'école sans jamais avoir de contact avec des concitoyens d'autres origines et religions ». Et il ajoute que corriger cette ségrégation sera « combat de notre génération ».

Relance : En clair, c'est une critique en règle du communautarisme à la britannique !

Exactement : en Grande-Bretagne, le modèle est dit « communautariste » parce que les différentes communautés ethniques ou religieuses vivent côte-à-côte sans se mélanger. A Londres, vous trouverez un quartier portugais, jamaïcain, chinois ou pakistanais...

C'est un modèle qui est issu du colonialisme britannique qui pourrait se résumer ainsi : « pour vivre heureux vivons séparés », le tout avec le respect du aux us et coutumes de chacun. David Cameron explique donc que ce modèle est un echec.

Mais le plus étonnant, si vous avez bien suivi, c'est que le modèle qu'il propose en échange... C'est le modèle français : déségrégation, mixité, intégration. Alors, évidemment, jamais David Cameron ne fait allusion à la France.

Mais tout de même : ça y ressemble beaucoup. C'est d'autant plus ironique cet hommage subliminal rendu au modèle français par David Cameron que les Britanniques nous avaient beaucoup critiqué, notamment au moment des émeutes de 2005.

Relance : à l'époque, les Britanniques parlaient de l'échec de ce fameux modèle

C'est vrai ! A Londres, on se moquait de l'interdiction très française d'établir des statistiques en fonction des origines ethniques ou religieuses. Comment voulez-vous résoudre un problème, disait-on à Londres, si vous n'êtes pas capable de le définir ?

On nous expliquait aussi, toujours depuis Londres, qu'il était bien beau de parler d'égalité et de fraternité lorsque des villes entières, comme Clichy-sous-bois, étaient reléguées dans la pauvreté à quelques kms du centre de Paris.

Ces critiques en partie justifiées : c'est vrai qu'il existe une contradiction en France entre l'égalité républicaine proclamée de tous les citoyens français, d'une part, et une réalité souvent faite de racisme, d'injustice sociale et de relégation, d'autre part.

Relance : donc, balle au centre : ni l'un ni l'autre modèle ne fonctionne !

Pas tout à fait tout de même. Quelques chiffres permettent peut-être de donner un avantage dans le temps à la France. Les Français sont par exemple le peuple d'Europe qui est le plus favorable envers l'Islam : 72% en ont une opinion positive.

C'est 10 points de mieux que les Britanniques. Et on ne m'ôtera pas de l'idée que c'est justement parce que notre modèle d'intégration promeut la mixité ethnique et religieuse et rejette le communautarisme que l'on obtient ce résultat remarquable.

Enfin, je voulais ajouter un dernier chiffre à la réflexion de tous. En Grande-Bretagne, un mariage sur 10 est un mariage mixte. En France, c'est trois fois plus : comment mieux résumer le fait que la mixité est, en France, entrée massivement dans les mœurs.

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