Il y avait, dès samedi, plus de sérénité dans la voix des négociateurs. Politiques et techniques, les contacts ont ensuite été non seulement nombreux mais, semble-t-il, fructueux durant le week-end et, même si la réunion de l’eurozone ne débouchait pas, ce soir à Bruxelles, sur ce compromis tant attendu, il resterait encore une session de rattrapage à la crise grecque, jeudi et vendredi prochains, avec le Conseil européen, le sommet des 28 chefs d’Etat et de gouvernements.

On n’en est autrement dit pas au défaut de paiement, à une sortie grecque de la monnaie unique et aux crises qui s’ensuivraient mais, outre qu’un « Grexit » reste, malgré tout, possible, pourquoi tout cela est-il si long, haletant, incertain alors que personne ne souhaite que la Grèce sorte de l’euro et surtout pas la Grèce elle-même ?

Il y a quatre raisons à cela et la première est qu’une négociation peut en cacher une autre. Pour ce qui est de la TVA, des retraites et du surplus que le budget grec devrait dégager hors remboursement des dettes, les divergences ne portent plus que sur des queues de cerises. On y est presque mais, pour y être vraiment, pour qu’une volonté politique ait raison des dernières difficultés, il faudrait que les dirigeants grecs obtiennent des assurances sur une restructuration de leur dette, c’est-à-dire sur des abandons de créances.

C’est la patate chaude, la vraie, parce que la dette grecque est largement détenue par les Etats européens, que leurs dirigeants se refusent à demander à leurs contribuables de payer pour Athènes et que toutes les formes de jonglerie financière possibles demandent du temps, beaucoup de temps.

La deuxième raison qui complique tout est que, devenu partie prenante au règlement de cette crise, le FMI a des règles à respecter qui sont autrement moins flexibles que celles des Européens pour lesquels la seule règle est le compromis permanent.

La troisième est que beaucoup des pays européens sont nettement moins ouverts à des arrangements que ne le sont le président de la Commission, la chancelière allemande et le président français parce qu’on ne plaisante pas, au Nord, avec les équilibres budgétaires et qu’on craint, au Sud, que la nouvelle gauche grecque n’ouvre la voie à d’autres partis semblables en obtenant de trop grandes concessions financières - trop grandes, s'entend, car elles créeraient un précédent que Podemos pourrait exploiter à Madrid .

Cette question électorale n’est pas la moins délicate et c’est ainsi que la quatrième difficulté sur laquelle butent les négociateurs est tout simplement lexicale. Il faut qu’Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, puisse vendre à ses électeurs le compromis à trouver mais que la formulation de ce compromis soit politiquement acceptable par tous ceux qui en craignent l’ampleur. Le compte à rebours est entamé.

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