La cour pénale internationale a condamné Jean-Pierre Bemba à 18 ans de prison ferme...

Alors, qui est Jean-Pierre Bemba ? Jean-Pierre Bemba est tout à la fois homme d'affaires, chef de parti et même ancien vice-président de la République démocratique du Congo, la RDC.

Mais s'il se retrouve aujourd'hui à être jugé par le Cour pénale internationale de La Haye, c'est pour son passé de « seigneur de la guerre ». On lui reproche d'être intervenu entre 2002 et 2003 avec ses troupes en République centrafricaine.

Mais surtout d'avoir, en toute connaissance de cause, laissé ses hommes tuer, piller et même violer. Pour ces faits extrêmement graves, il a été inculpé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité et il a donc été condamné à 18 ans de prison.

Il s'agit d'un procès exceptionnel, à plus d'un titre.

Oui, d'abord parce que c'est la première fois que le viol est retenu comme crime contre l'humanité et crime de guerre, au même titre que les massacres. Ensuite, parce que n'a pas jugé un homme pour avoir commis ces crimes mais pour ne pas les avoir empêchés.

Autrement dit, Jean-Pierre Bemba est coupable PARCE QU'IL est responsable. Enfin, ces crimes n'ont pas été commis dans son pays, le RDC, mais dans le pays voisin la République centrafricaine. C'est donc aussi le chef de mercenaires que l'on jugeait.

Pour être tout à fait précis, ce n'est pas la première fois qu'un Seigneur de la guerre africain est traduit devant la justice internationale : Charles Taylor, l'ex-président libérien, avait lui aussi été jugé pour ses exactions en Sierra Leone et condamné à 50 ans de prison.

Taylor, Bemba, Hissène Habré... la Cour pénale internationale s'intéresse beaucoup à l'Afrique...

Presque trop, diront certains qui accusent la Justice internationale de ne juger que les plus faibles ou les plus pauvres. Et c'est vrai que lorsqu'on regarde les pays sur lesquels la CPI s'est penchée, l'Afrique occupe une place de choix.

Depuis sa création, la Cour s'est intéressée à l'Ouganda, la RDC, la Centrafrique, le Mali, le Darfour, la Libye, le Kenya, la Côte d'ivoire et un peu la Géorgie. Pourtant à ces critiques, il faut répondre simplement : la Cour pénale n'a même pas 15 ans d'âge.

Elle a été fondée en 2002 et ne peut donc se saisir que de cas postérieurs à cette date. De plus, elle ne peut intervenir que lorsque les Etats lui demandent de se substituer à leur justice défaillante. Ce qui est surtout le cas en Afrique.

Enfin, le CPI a obtenu des résultats assez inattendus : en émettant un mandat d'arrêt contre le chef de l'Etat soudanais Omar el-Bechir, elle n'a certes pas réussi à le faire arrêter mais elle lui rend la vie impossible et l'empêche de voyager à son aise.

Et rien que pour cela, parce qu'elle rend la vie impossible au bourreau du Darfour, la Cour pénale internationale de La Haye mérite mieux que de l'indulgence : du respect.

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