Les Etats-Unis se réengagent dans le processus de paix israélo-palestinien. Alors qu’ils s’en étaient désintéressés depuis six ans, leur secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, quitte demain Washington pour un week-end d’intenses consultations avec tous les acteurs de cette crise. Elle s’entretiendra à Assouan avec le Président égyptien et les ministres des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, de Jordanie et des Emirats arabes unis. Elle aura ensuite des conversations séparées avec le Président palestinien et le Premier ministre israélien avant d’aller voir le souverain jordanien à Aman et de mener de nouvelles discussions avec Mahmoud Abbas et Ehud Olmert. Avec ces « navettes », Condoleezza Rice se met en première ligne, prend des risques à la fois parce que la relance du processus de paix redevient une priorité de la diplomatie américaine et qu’elle croit, aujourd’hui, à la possibilité de faire avancer les choses. Hier, Georges Bush ne s’intéressait pas à ce conflit. Après sa première élection, il était bien décidé à ne pas aller au devant d’un échec en tentant, comme Bill Clinton venait de le faire, d’imposer un compromis aux Israéliens et aux Palestiniens. Puis il y eut les attentats du 11 septembre. Le terrorisme et le Proche-Orient sont devenus son unique préoccupation mais il était moins que jamais question, pour lui, de jouer les intermédiaires dans cette interminable guerre. Outre qu’il se sentait soudain solidaire d’Ariel Sharon et de son intransigeance, son dessein était de changer du tout au tout la donne proche-orientale en transformant l’Irak en une vitrine occidentale et de susciter, par là, une « contagion démocratique » dans le monde arabe qui mènerait naturellement, pensait-il, à la paix entre Israël et la Palestine. C’est parce que ce rêve a fait long feu que Condoleezza Rice entreprend, maintenant, ses navettes. L’idée est maintenant de commencer au contraire par le conflit israélo-palestinien afin de faire baisser la tension dans la région, d’isoler les radicaux, l’Iran au premier chef, et de pouvoir se retirer d’Irak en limitant les pertes. Face à la débâcle irakienne, les Etats-Unis n’ont guère d’autre choix mais le fait est que ce pari n’est pas forcément injouable car ce sont les pays arabes qui ont poussé Georges Bush à le faire. Encore plus effrayés que Washington par la montée en puissance de l’Iran, ils veulent eux aussi imposer au plus vite un règlement israélo-palestinien. C’est pour cela que la Ligue arabe va re-proposer, jeudi prochain, de reconnaître Israël en échange de la création d’un Etat palestinien sur les territoires occupés depuis 1967, solution que le Hamas se dit désormais prêt à accepter. Une fenêtre d’opportunité s’est ouverte. Les Etats-Unis s’y engouffrent. L’Arabie saoudite est à la manœuvre. Fragile, incertain mais réel, un espoir renaît.

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