Ce sera donc le 7. Ce devrait, du moins être le 7 novembre que se tiendra le second tour de la présidentielle afghane puisque le président sortant, Hamid Karzaï, a fini par admettre que le premier tour avait été entaché de fraudes massives et que la victoire qui lui avait été initialement reconnue restait à confirmer. Toutes les capitales de l’Otan l’en ont applaudi. Toutes sont soulagées qu’il ait enfin cédé à leurs pressions et les ait ainsi sorti d’une alternative impossible, soit ne pas reconnaître son élection et démultiplier le chaos afghan, soit la reconnaître et non seulement se faire complices d’une fraude mais risquer aussi de nouveaux fractionnements du pays. Les Etats-Unis et leurs alliés ont, en un mot, évité le pire, sauf… Sauf qu’il est à peu près impossible d’organiser ce second tour en si peu de temps, qu’on ne peut pas attendre plus longtemps puisque les neiges auront bientôt isolé des régions entières et que la participation, surtout, sera extrêmement faible, bien inférieure encore aux 38,7% du premier tour, car les Afghans n’ont aucune envie d’aller braver les embuscades des taliban pour prendre part à un vote dont les résultats, cuisinés une première fois, pourraient l’être une seconde fois. Ce second tour dont on se félicite tant est, en réalité, mal parti et c’est pour cela que, dans l’ombre mais si activement que cela se sait, les diplomaties occidentales cherchent à arracher à Hamid Karzaï et à son concurrent, l’ancien ministres des Affaires étrangères Abdullah Abdullah, un compromis, une forme ou l’autre de partage du pouvoir, qui dispenserait de retourner aux urnes. Officiellement, chacun d’eux refuse et l’a publiquement dit mais les tractations se poursuivent. Tout a un prix, non pas financier, ce serait trop gros, trop risqué, mais politique puisque chacun des deux rivaux pourrait trouver avantage à se faire reconnaître une légitimité par l’autre, celle de président et celle de chef d’une opposition légale qui serait, par exemple, associée aux grandes décisions avec une sorte de droit de veto ou d’avis au moins. Rien n’est joué. On verra. Parallèlement, d’autres tractations se poursuivent à Washington, à la Maison-Blanche comme au Congrès, sur la stratégie que les Etats-Unis devraient adopter. Les militaires réclament des renforts, 40 000 hommes de plus qui viendraient s’ajouter aux 36 000 qui ont déjà vainement étoffé les rangs américains depuis le début de l’année. Le vice-président, Joe Biden est contre. Il prône, lui, un simple redéploiement des troupes à la frontière pakistanaise, voire des deux côtés de cette frontière, afin de couper l’aide que les taliban afghans reçoivent des taliban pakistanais, d’empêcher leurs coups de main communs et d’interdire les replis en territoire pakistanais, dans ces zones incontrôlées qui sont, en ce moment même, le théâtre d’une violente bataille entre les insurgés et l’armée pakistanaise. La réponse de Barack Obama se fait un peu attendre.

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