Partout dans le monde, la jeunesse semble s'être levée et, miracle des réseaux sociaux, apprend l'une de l'autre : de Barcelone à Hong Kong. Quitte à prendre pour modèle... Bruce Lee !

Les manifestants, de Barcelone à Hong-Kong
Les manifestants, de Barcelone à Hong-Kong © Getty / Karla Martinez / EyeEm

De Beyrouth à Barcelone, du Chili à l'Algérie, le monde entier manifeste... C'est même impressionnant si l'on fait le compte : depuis six mois, c'est comme si la jeunesse du monde entier s'était passé le mot pour, partout dans le monde, tenter d'abattre le monde ancien, celui bringuebalant légué par leurs aînés. 

Faisons le compte des manifestations dans le monde

D'abord, à tout seigneur tout honneur, les manifestations soudanaises – joyeuses puis meurtrières – qui ont eu raison en avril dernier du dictateur Al Bashir ; suivies presque en simultané, à compter de février, de l'Algérie et son incroyable mouvement Hirak.

Lui aussi est venu a bout d'une momie et d'un clan enkysté au pouvoir : les Bouteflika et qui n'a pas fini d'étonner le monde ; puis le soulèvement de la jeunesse hongkongaise à compter de juin, les manifestations moscovites, cet été, celles du Caire, inattendue.

Enfin, Barcelone il y a quelques jours à peine ; Quito, en Equateur ; Beyrouth où par centaines de milliers la jeunesse libanaise a déferlé dans les rues ; Santiago du Chili avec des scènes de violence qu'on avait pas vue depuis Pinochet sans oublier l'Irak !

Il ne faut ni oublier les "gilets jaunes" en France ; ni l'Indonésie où, depuis fin septembre, des étudiants protestent massivement contre une loi pudibonde : partout des manifs, partout des heurts avec la police, partout la jeunesse est dans la rue.

Jeunes du monde, imitez-vous !

Oui, et c'est le plus passionnant : le monde est globalisé, les protestations aussi. Dans les pays autoritaires, les dictatures, ce sont toutes des manifestations réclamant la chute du régime ancien et la démocratie : Soudan, Algérie, Egypte, Liban ou Russie.

Dans les démocraties, elles ont toutes démarré sur des épiphénomènes pour aboutir à une dénonciation plus large de l'ordre économique et social : le prix du ticket de métro à Santiago ; la hausse du prix de l'essence en France mais aussi en Equateur.

Eh puis, dans un monde où l'information est instantanée, où les réseaux sociaux permettent de mobiliser en quelques heures des dizaines de milliers d'opposants, les manifestants se regardent et s'imitent, de Hong Kong à Barcelone.

Je vais vous donner un exemple : la jeunesse de Hong Kong applique avec un certain humour – et depuis le début – une philosophie : celle dite « de l'eau » et inspirée par un philosophe très inattendu : Bruce Lee !

C'est très sérieux et ce passage d'une interview de la star hongkongaise, les manifestants l'ont partagé des milliers de fois pour en tirer une leçon : face aux forces de l'ordre, il faut être comme l'eau : imprévisible, insaisissable, fluide.

Eh bien, impressionnés, les Catalans du groupe Tsunami démocratique ont appliqué les mêmes méthodes, se sont rassemblés autour du #BeWater et ont envahi l'aéroport du Prat à Barcelone, pour, comme à Hong Kong, empêcher des centaines de vols.

Et si vous regardez bien, les étudiants de Santiago du Chili portent les mêmes masques que les Hongkongais ou les Barcelonais ou que les Gilets jaunes en France face aux lacrymogènes. Comment disait Bruce Lee déjà ? « Soit comme l'eau, mon ami ».

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