Le dimanche est le jour, aux Etats-Unis, des grandes émissions politiques télévisée. Chaque semaine, elles donnent la température du pays, dissèquent la question du moment ou braquent les projecteurs sur la personnalité qui retient l’attention et, hier, c’est Westley Clark, un général, qui les a dominées, haut la main. En Amérique, on ne parle plus que de lui car cet ancien commandant suprême de l’Otan avait à peine annoncé sa candidature à la Maison-Blanche, mercredi dernier, qu’il s’est déjà propulsé, dans un sondage de Newsweek, en tête des candidats à la candidature démocrate et, surtout, à cinq point seulement de Georges Bush. Aux commandes militaires de l’Alliance atlantique durant la guerre du Kosovo, très proche de Bill Clinton dont il fut un protégé, le général Clark paraît susceptible de battre le Président sortant en novembre 2004, dans un an, car il a, pour lui, deux atouts essentiels, ses états de service et son opposition à l’intervention en Irak. Ses galons et son expérience rassurent un pays traumatisé par le 11 septembre et la menace terroriste. La vigueur avec laquelle il avait dénoncé, dès le début, les dangers de la politique irakienne de Georges Bush rencontre, dans le même temps, l’évolution de l’opinion américaine qui s’inquiète, de plus en plus nettement, de la tournure prise par cette intervention. Depuis la semaine dernière, il n’y a plus que 46% d’Américains pour se dire satisfaits de la manière dont Georges Bush gère l’après-guerre. Seuls 21% d’entre eux approuvent les rallonges budgétaires que la Maison-Blanche demande pour l’Irak et la présidence Bush ne recueille plus l’approbation que de 51% des électeurs, une très, très courte majorité, à comparer avec les deux tiers de satisfecits dont ce Président bénéficiait au milieu de l’été. Considérée il y a peu comme jouée d’avance, l’élection présidentielle pourrait, aujourd’hui, redonner la Maison-Blanche aux Démocrates mais est-ce à dire, sondages ou pas, que le général Clark est vraiment le mieux placé dans cette bataille ? Oui et non car s’il a tout du candidat idéal, même un physique avantageux, ce n’est pas le pays qui désigne le candidat démocrate. Ce sont les électeurs démocrates, ce qui n’est pas la même chose. L’élection se gagne au centre mais les primaires se gagnent à gauche et, là, le général Clark, a un concurrent sérieux en la personne d’Howard Dean, ancien gouverneur du Vermont, entré en campagne, dès le printemps, en mobilisant une armée de jeunes militants qui lui sont totalement acquis. Fils d’une grande famille patricienne de la côte Est, partisan de la peine de mort, Howard Dean ne peut en aucun cas passer pour un « radical », un gauchiste, mais il séduit pourtant la gauche militante qu’il a mobilisée à une époque où la guerre d’Irak était très majoritairement populaire. Si Hilary Clinton ne finit pas par entrer dans la course et bouleverser la donne, Clark le sudiste et Dean le nordiste devront, vraisemblablement, faire tandem mais la question et de savoir qui aurait, sur ce ticket, la première place.

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