Pas dans les pages économie, politique, ou les éditos, c'est certain.

Vladimir Poutine en Crimée le 20 août 2017
Vladimir Poutine en Crimée le 20 août 2017 © Getty / Mikhail Svetlov

Dans les pages « people » par contre, on a pu apercevoir le président russe en goguette en Sibérie, comme chaque année ! C'est à dire sans chemise mais en pantalon et à la pêche.

Vladimir prend le soleil, Vladimir se baigne dans une eau à 17°, Vladimir attrape des poissons de compét'. Et on ne peut pas s'empêcher de penser qu'il insiste sur ses qualités sportives pour marquer la différence.

La différence avec Donald Trump et ses vacances manucurées de golfeur du dimanche. Les deux hommes sont quasiment du même âge : Vladimir à 64 ans et Donald 71.

Poutine est-il toujours aussi populaire en Russie ?

L'économie russe n'est pas au mieux de sa forme et normalement, ça se traduit par une chute de popularité. Pas en Russie. Vladimir Poutine bénéficie toujours d'une popularité stratosphérique : 87% d'opinions favorables !

Mais la Russie est aussi une démocratie « illibérale », comme on dit aujourd'hui. C'est à dire une démocratie sous contrôle. Autrement dit, ce ne sont pas les chiffres bruts qu'il faut lire mais les détails, où git le Diable.

Par exemple : imaginez que vous êtes russe, Nicolas, et qu'un sondeur vous demande dans la rue ou, pire encore, au téléphone ce que vous pensez de Vladimir. Vous avez une famille, un travail, vous répondez : que du bien !

Par contre si l'on vous demande, Nicolas, ce que vous pensez de la lutte contre la corruption ou de l'économie, vous vous sentirez plus libre. Les Russes aussi : ils ne sont plus que 49% à 55% à penser du bien de la politique anticorruption et économique du régime.

Et ça ne fait que baisser en plus !

En tendance, même les chiffres de ceux qui ont une confiance absolue dans leur président sont passés de 66% à 58% en 2 ans. Ce qui est beaucoup dans un pays où l'on risque gros à trop critiquer Vladimir.

Mais l'important est ailleurs. Pendant, donc, que Vladimir pêche et chasse, la population russe diminue inexorablement. Entre janvier 2017 et aujourd'hui, la Russie compte 17 000 individus en moins.

Je cite ici les chiffres diffusés par RosStat, l'agence de statistique de la fédération de Russie. Alors 17 000 ça pourrait sembler peu : la Russie compte après tout 146 millions d'habitants. C'est en fait une catastrophe.

Parce que le rythme de la décroissance de la population a quadruplé en un an. Et parce que si la population diminue, c'est bien parce que la natalité est atone. Il manquera cette année 100 000 bébés russes par rapport à 2016.

Dans le même temps l'émigration est repartie à la hausse...

C'est vrai : en 2016, 350 000 Russes ont choisi de s'exiler. Et ce sont évidemment, pour beaucoup, des entrepreneurs ou des jeunes diplômés. C'est simple entre 2010 et 2015, les candidats russes à l'exil ont été multipliés par 5 !

Loin des brochets et des bains de soleil Poutiniens, la Russie devrait, d'ici 2050, c'est à dire demain, avoir perdu 20 million d'habitants. Voilà la réalité.

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