A quoi servent-ils ? Sont-ils utiles ? Faut-il les faire évoluer ? Réponse multilatérale.

La ville de Biarritz quelques jours avant le sommet du G7, sécurisée par 13200 policiers. Biarritz - France - Aout 2019.
La ville de Biarritz quelques jours avant le sommet du G7, sécurisée par 13200 policiers. Biarritz - France - Aout 2019. © AFP / Fred Marie / Hans Lucas

On y est presque : le G7 de Biarritz débute ce weekend et il n'est inutile de se poser quelques questions préalables. A commencer par celle-là : le G7, quésaco ? D'abord, le nom, G7 c'est Groupe des 7, avec deux critères qui se sont précisés au fil du temps : les 7 économies les plus importantes de la planète, certes.

Mais aussi, 7 démocraties. A l'époque où il a été fondé, au cœur des années 70, cela avait un sens précis : nous étions en pleine guerre froide, un monde – les démocraties libérales – s'opposait à un autre – le communisme « réel » et planifié.

On a commencé à 5 en 1974 dans la bibliothèque de la Maison-Blanche, puis on a ajouté l'Italie, le Canada et, de façon informelle en 1994, puis formellement en 1997, la Russie. Voilà donc huit chefs d'Etat et de gouvernements en voyage annuel, chez l'un ou l'autre.

Ces G7 sont-ils utiles ?

En diplomatie, il y a deux types de formats : l'institutionnel et l'informel. Le premier se passe au sein d'institutions, type ONU, Union européenne, Union africaine, Conseil des Etats de la mer baltique... J'en passe et des dizaines.

Le Financial Times, ce matin, expliquait que le plus sûr moyen de savoir si un « format » diplomatique était institutionnel ou non était de se poser la question suivante : l'endroit où je me trouve a-t-il une cafet' et un régime de retraite ?

De se point de vue, le G7 n'est donc pas un format diplomatique institutionnel. Pas de cafet', pas de régime de retraite, donc pas de siège permanent et de fonctionnaires dédiés avec des traitements scandaleusement élevés et surtout exonérés d'impôts.

Le G7 appartient à la seconde catégorie : les rencontres informelles, donc personnelles. La théorie voulait que, la globalisation et le multilatéralisme aidant, ces « rencontres personnelles » - d'hommes à hommes ou à femme – perdraient leur importance.

Personnel et privé

Non, c'est même l'inverse ! Plus les formats institutionnels se complexifient, plus les chefs d'Etats et de gouvernements ressentent le besoin de régler une partie des problèmes au terme de rencontres personnelles et privées.

C'est d'ailleurs pourquoi l'exclusion – parfaitement justifiée - en 2014 de la Russie a été si blessante pour Vladimir Poutine. Pour un homme qui, comme lui, croit plus que tout autre à ces fameux rapports personnels et privés, être privé de G7 est un crève-coeur.

Mais surtout, c'était une occasion unique et annuelle de faire valoir les intérêts de son pays. Dans les années 90, par exemple, le format en G8 – incluant la Russie – a été très utile pour convaincre Moscou de retirer ses troupes des Etats baltes en pleine sécession.

Le G7, pompier de crises économiques

L'ADN de ces rencontres est avant tout économique : c'est pour coordonner les politiques économiques du monde occidental face au 1er choc pétrolier qu'ils ont été créé. En 1982, la crise des dettes souveraines des pays en voie de développement s'est réglé là.

En 1998, c'est le G8 qui a stoppé une crise dévastatrice qui voyait s'effondrer les devises des pays d'Asie du sud et du sud-est mais aussi le rouble russe. Enfin, en 2008, le G8 de Toyako, au Japon, a apporté les premières solutions communes à la Grande récession.

La question est plutôt : faut-il faire évoluer ce format ? La réponse est oui, évidemment oui. Nicolas Sarkozy l'avait compris en inventant le G20. Emmanuel Macron l'a bien senti, en invitant l'Inde qui devra en faire partie rapidement.

Même Donald Trump pourrait en avoir saisi l'importance en proposant – à terme – de réintroduire la Russie dans le club. Parce que, comme toujours en diplomatie – on papote avec ses amis mais on discute sérieusement avec ses adversaires.

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