Ce matin, Les Nord-Coréens ont annoncé vouloir abandonner leurs essais nucléaires….

Pas seulement, ils annoncent aussi vouloir arrêter leur programme de missiles balistiques. Autrement dit, ils abattent leurs cartes avant même le début des négociations avec les Américains qui sont prévenus : ils ont intérêt à être à la hauteur.

Evidemment, la première réaction est le soulagement. Depuis des mois, moi comme d'autres avons dû répondre à LA question qui inquiétait tout le monde : une nouvelle guerre de Corée était-elle possible ? Ma réponse a toujours été la même : non !

Reste qu'il y avait de vraies raisons de s'inquiéter : les Nord-Coréens ont amélioré leur technologie balistique et ont envoyé plusieurs missiles qui tous sont passés au dessus du Japon. Et puis, il y a à la Maison-Blanche un président... comment dire... disruptif.

On se souvient du tweet sur le « gros bouton nucléaire »...

Qui était plus gros que celui de Kim Jong Un ! Ou encore de Donald Trump traitant le « cher leader » nord-coréen – son surnom en Corée du Nord – de « petit homme fusée ». Entre ces deux-là, on se disait qu'un malentendu suffirait pour déclencher l'irréparable.

En fait, comme toujours, il faut avoir un peu de mémoire pour comprendre ce qu'il se tramait. La dynastie des Kim a une seule et unique stratégie depuis 30 ans et la disparition de l'Union soviétique : celle du fou au fort.

C'est très simple à expliquer : d'abord, vous menacez, vous lancez des missiles, y compris sur des navires sud-coréens, comme en 2010 sur une corvette de l'armée sud-coréenne : 46 morts tout de même. Puis vous faites part de votre intention de négocier.

Et à la fin vous obtenez beaucoup de vos partenaires...

Exactement ! Or les Nord-Coréens ont besoin d'énormément de choses. La différence économique entre les deux Corées est abyssale : de 1 à 30. C'est la même différence économique qu'entre la France et le Kenya, par exemple.

De plus, la Corée du Nord est sous embargo et malgré tout, on estime qu'elle consacre la moitié de son budget national à l'armée et à son programme nucléaire. C'est absolument insoutenable pour un pays de 25 millions d'habitants toujours au bord de la disette.

La tactique Kim Jong Un ressemble donc à celle de son père et de son grand-père avant lui. Je résume : klaxonner, insulter, se mettre en colère, puis négocier : les riches, Etats-Unis, Japon et Corée dur Sud, finissent toujours par signer les chèques.

Donald Trump n'a rien donc rien obtenu d'exceptionnel...

Non, d'autres présidents avant lui ont négocié avec les Nord-Coréens. En 1994, en 2005 et encore une fois en 2012. Des négociations qui ont toutes échouées sur un point : l'arrêt vérifiable du programme nucléaire nord-coréen.

Tout simplement parce les Nord-Coréens n'abandonneront jamais réellement un programme nucléaire qui leur vaut aujourd'hui le Graal, à savoir des négociations bilatérales avec les Etats-Unis. Ça leur réussi si bien, pourquoi s'en priver ?

Nous verrons donc ce que Donal Trump, comme ses prédécesseurs, abandonnera en échange d'un accord. Un gros chèque, c'est sûr ; La paix entre les deux Corées serait une vraie avancée ; un abandon vérifiable de l'arsenal nucléaire serait une vraie réussite.

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