Le New York Times a ouvert ses colonnes à des chercheurs, économistes et hommes politiques désireux d’apporter leurs idées à Barack Obama. Le résultat est passionnant, un examen international des problème du monde et des moyens de les résoudre, et trois spécialistes israéliens des questions stratégiques proposaient, hier, au futur président des Etats-Unis un abord particulièrement intéressant de la question iranienne. Tout dépend de la Russie, constataient-ils d’abord, puisqu’il est impossible de se passer de sa voix au Conseil de sécurité pour imposer à l’Iran des sanctions économiques assez fortes pour qu’il renonce à ses ambitions nucléaires. Il faudrait donc, écrivaient-ils, que Washington passe un deal avec Moscou. D’un côté les Etats-Unis renonceraient au déploiement de systèmes anti-missiles en Europe centrale et reconsidéreraient, de fait, leur volonté de faire entrer l’Ukraine et la Géorgie dans l’Otan. De l’autre, la Russie interromprait ses livraisons d’armes conventionnelles à l’Iran – des armes redistribuées au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien – et apporterait, surtout, son appui à de vraies sanctions économiques contre Téhéran, notamment un embargo sur ses importations d’essence car les Iraniens, producteurs de pétrole, n’ont pas assez de capacités de raffinage pour alimenter leurs pompes et s’approvisionnent sur le marché mondial. Cela fait, poursuivaient les trois chercheurs, Barack Obama pourrait brandir, d’un seul et même mouvement, la carotte et le bâton. Tout en redonnant force à la menace d’une intervention militaire américaine, il pourrait proposer aux Iraniens l’ouverture de négociations de fond, sur la sécurité du Proche-Orient et le rôle qui leur y serait reconnu, et ne pas mettre d’autre pré condition à ces négociations qu’un engagement, fût-il tacite, de l’Iran d’arrêter ses opérations d’enrichissement d’uranium au bout de trois mois de discussions. En position de force, les Etats-Unis pourraient ainsi tenter de trouver un modus vivendi avec l’Iran, le faire renoncer à la bombe par la diplomatie et non pas par la guerre. Ils n’auraient pas même à poser de pré condition qui serait immanquablement refusée par les Iraniens et, si un accord était finalement trouvé (ce qui pas du tout impossible), Barack Obama donnerait un coup d’arrêt à la dissémination nucléaire, faciliterait un règlement israélo-palestinien en privant le Hamas et le Hezbollah du soutien iranien et pourrait même compter sur l’appui de Téhéran, très hostile à l’islamisme sunnite d’al Qaëda, pour stabiliser non seulement l’Irak mais aussi l’Afghanistan et le Pakistan. Les Russes pourraient, eux, se flatter d’avoir mis terme aux gesticulations américaines à leurs frontières et trouver, là, les bases d’une nouvelle coopération avec les Etats-Unis. Quant aux Iraniens, ils se verraient reconnaître leur statut de première puissance proche-orientale, redeviendraient des interlocuteurs privilégies de Washington et sauveraient leur régime d’une crise politique montante en retrouvant une place de choix dans les échanges internationaux.

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