Bernard Guetta imagine Emmanuel Macron président des Français et Martin Schulz chancelier des Allemands. Des hypothèses annonciatrices de changement continentaux…

Martin Schulz, ancien président du Parlement européen et candidat au poste de chancelier du parti social-démocrate allemand.
Martin Schulz, ancien président du Parlement européen et candidat au poste de chancelier du parti social-démocrate allemand. © AFP / Friso Gentsch / dpa

Ce ne sont que des hypothèses, mais prenons-les car elles sont plausibles. Dans l’une, Emmanuel Macron devient président de la République en France et, dans l’autre, en Allemagne, Martin Schulz, le candidat du parti social-démocrate, bat Angela Merkel aux élections de septembre prochain et lui succède donc à la chancellerie.

Martin Schulz, le nouveau chancellier allemand ?

C’est possible car les sociaux-démocrates allemands viennent de progresser dans les sondages de 12 points en un mois. En intentions de vote, ils sont passés, dimanche, devant la démocratie chrétienne et, si leur avance n’est, pour l’heure, que d’un unique petit point, la dynamique est pour eux et ils pourraient s’allier aux Verts et à la gauche de la gauche, Die Linke, alors que la droite n’a pour alliés potentiels que les Libéraux.

En termes de coalition parlementaire, la clé de tout en Allemagne puisque le chancelier n’est pas élu au suffrage universel direct mais par les députés, la gauche allemande devance aujourd’hui les conservateurs.

Emmanuel Macron, le nouveau président des Français ?

Martin Schulz, l’ancien président du Parlement européen, peut succéder dans sept mois à Angela Merkel et Emmanuel Macron peut tout aussi bien entrer à l’Elysée cinq mois plus tôt car sa nouvelle alliance avec François Bayrou semble devoir lui apporter, en voix, de quoi passer devant François Fillon au premier tour et devenir ainsi, au second, l’adversaire de Marine Le Pen contre laquelle il aurait alors de grandes chances de l’emporter.

Encore une fois rien de tout cela n’est sûr. Les sondages ne sont que la photographie d’un instant et, d’ici les élections française et allemandes, bien des choses peuvent changer partout mais que se passerait-il si ces hypothèses s’avéraient ?

La France deviendrait l’Allemagne et inversement

Une alliance entre des courants centristes et modérés prendrait les commandes en France et, dans ce pays où la frontière entre droite et gauche est considérée comme infranchissable, des forces qui ne se disent ni de droite ni de gauche gouverneraient ensemble, avec un contrat de gouvernement à l’allemande, les conditions mises par François Bayrou et acceptées par Emmanuel Macron.

A des virgules près, il se passerait ainsi, à Paris, ce qui est banal à Berlin tandis que l’Allemagne, ayant épousé, de son côté, la tradition réputée si française et archaïque de l’affrontement frontal entre gauche et droite, entre des conservateurs alliés au centre droit et une gauche plurielle, serait gouvernée par des sociaux-démocrates qui ont maintenant pris un tournant à gauche toute.

L’unité de l’Europe avant tout

Martin Schulz et Emmanuel Macron pourraient cependant s’entendre, et même très bien, car ils ont, avec François Bayrou, pour point commun d'être avant tout attachés à l’unité de l’Europe et également décidés à redonner un allant et une popularité à l’Union en lui donnant une Défense commune, en harmonisant ses politiques fiscales et sociales et en accompagnant le redressement de ses comptes publics d’investissements dans la croissance et l’avenir.

Ce ne sont que des hypothèses mais elles seraient annonciatrices de changements continentaux.

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