mince espoir de dialogue en ukraine après des heurts
mince espoir de dialogue en ukraine après des heurts © reuters
**Cela se passe au cœur du continent Europe, dans un pays plus grand que la France, sur des terres que s’étaient si longtemps disputées tant de puissances européennes dans des guerres sans fin et qui ont connu quelques unes des pires horreurs du nazisme et du stalinisme, le Shoah par balles après une famine organisée, dans les années trente, par le pouvoir soviétique.** Cela se passe en Ukraine, pays déchiré entre l’Union européenne et la Fédération de Russie entre lesquelles il s’étend et qui est maintenant au bord de l’abîme. On a relevé cinq morts hier à Kiev, 500 personnes y ont été blessées depuis dimanche, des snipers y tirent sur la foule des manifestants pro-européens arrosés au canon à eau par -10° et dont les barricades ont été chargées par un véhicule blindé dans une scène de guerre civile. C’est grave, extrêmement inquiétant, d’autant plus grave que ces violences policières n’ont fait que galvaniser les partisans d’un rapprochement avec l’Union, ceux qui refusent que leur pays retombe dans l’orbite russe et se laisse imposer le genre de « démocratie » que Vladimir Poutine affectionne. Avec un courage inouï, ils étaient plusieurs dizaines de milliers, hier soir, à remonter leurs barricades et envisageaient de nouvelles manifestations pour aujourd’hui qui pourraient tourner encore plus mal si elles étaient maintenues et que le pouvoir pro-russe ne faisait aucun geste. Il faut arrêter cela, l’arrêter au plus vite avant que cela ne devienne plus grave encore et ne puisse un jour, mais oui, menacer la stabilité du continent tout entier mais comment en est-on arrivé là ? Il y a deux coupables. L’un est le président russe qui voudrait reconstituer l’URSS sous forme d’une union douanière que le Kremlin contrôlerait, d’une zone d’influence à laquelle les anciennes Républiques soviétiques devenues indépendantes devraient s’intégrer, qu’elles le veuillent ou non Dans ce projet impérial, l’Ukraine est évidemment fondamentale. Sans elle, ce projet n’en serait plus un. C’est pour cela que Moscou a tout fait, chantage économique et promesses d’aide à tout va, pour que le président ukrainien renonce au partenariat qu’il devait signer en novembre avec l’Union. C’est cette renonciation qui a mis le feu à poudre, deux mois déjà de violences croissantes, mais il y a un point sur lequel on ne peut pas donner complètement tort à Vladimir Poutine. Pas plus que les Etats-Unis ne pourraient accepter que le Mexique entre dans une alliance dominée par la Russie, il ne peut accepter que l’Ukraine limitrophe puisse un jour entrer dans l’Alliance Atlantique. Quant au deuxième coupable, c’est l’Union. Chez elle pas d’ambition impériale, mais une incroyable légèreté politique qui lui a fait envisager ce partenariat demandé par l’Ukraine sans lui offrir d’avantages économiques égaux à ceux qu’allait évidemment lui proposer la Russie et sans l’inciter, surtout, à une déclaration de neutralité pouvant apaiser les craintes de Moscou. Il n’est pas trop tard. On peut encore faire de l’Ukraine un pont entre les deux Europe mais il faut traiter ce problème à trois, Ukraine, Union, Russie, désamorcer cette bombe dont la mèche brûle.
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