Lancement réussi pour la fusée lunaire indienne. Les Indiens deviennent donc la 4e nation lunaire et les Indiens en sont fiers. Même si les défis à relever sur Terre restent redoutables.

Chronique internationale 23-07

Pas de Boris Johnson ce matin ? Vous allez en manger toute la journée du Boris, dit BoJo, dit la Bombe Blonde, dit... bref, plutôt que de rajouter une chronique au service de Sa Gracieuse Majesté, j'ai décidé de vous parler d'une autre excentricité : la fusée lunaire indienne.

Elle s'appelle Chandrayaan 2 et elle a décollé hier sous les yeux ébaubis de centaines de milliers d'Indiens qui l'ont suivi en streaming et de millions d'autres qui ont assisté au spectacle à la télévision. En septembre, il sera temps de voir le petit Rover alunir.  

Je ne vais pas faire le mauvais coucheur, même si je n'en pense pas moins : les Indiens sont fiers de leur programme spatial, fiers d'être la 4e nation lunaire au monde, fiers de compter, par ce biais, au rang des nations technologiques et scientifiques.

Un programme qui ne coûte pas cher !

C'est même l'argument clé ! il en coûte à la nation indienne 1,6 milliards d'euros annuels. C'est douze fois moins que le NASA ! Mieux ! Avec Chandrayaan 2 et pour 126 millions d'euros, vous avez une fusée, un  module spatial et un rover dernier cri !

Pour une bête Fusée Ariane 5, comptez 150 millions d'euros ! Alors pourquoi se priver ? D'ailleurs, l'Inde veut désormais jouer dans les cour des grandes puissances, et ce programme spatial, un peu vain il faut bien le dire, en est le symbole.

Ce n'est pas le seul : le Premier ministre Narendra Modi, fraîchement et triomphalement réélu, a fixé un autre objectif à son pays : atteindre 5 000 milliards de dollars de PIB dès 2024. L'Inde en est à la moitié et il lui faudra croître de 12% par an pour y parvenir.

Une nation à cinq mille milliards de dollars

Disons que c'est très ambitieux, mais ça reste tout a fait envisageable : la croissance indienne tourne autour de 10% l'an, depuis une bonne décennie. Ça signifie prendre un ou deux ans d'avance et ça signifie surtout doubler l'Allemagne et le Japon d'ici 4 ans !

Rappelons tout de même que l'Inde sera devenue d'ici-là le premier pays au monde par sa population qui est autrement plus dynamique – démographiquement s'entend - que celle de la Chine, dont on dit souvent qu'elle sera vieille avant d'être riche.

Ensuite, l'irruption de l'Inde au premier plan des économies mondiales est un retour à la normale. En 2000 ans d'histoire, l'Inde n'a été absente du top 5 que 150 petites années. Un chiffre : en 1750, un quart de la production industrielle mondiale était indienne.

Des défis d'hier avec des outils d'aujourd'hui

C'est là où je voulais en venir : était-il vraiment indispensable de faire rouler un Rover sur la Lune alors que, par exemple, le réseau ferré indien a besoin d'investissements massifs. Je vais vous donner un autre exemple des défis immenses et urgents de l'Inde :

Je suis tombé hier sur un chiffre étonnant : dans le district d'Uttarkashi, plus de 300 000 habitants dans le nord du pays, aucune petite fille n'est née depuis 3 mois dans aucun des 132 villages du district. Que des garçons.

Cette info terrifiante est à l'image de l'Inde : la modernité qui rencontre le pire de l'arriération ;l'échographie qui permet de savoir et donc de choisir le sexe de son l'enfant et cette pesante tradition qui fait que les filles coûtent quand les garçons rapportent.

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