Il a eu les mots qu’il fallait. Dès ses premiers pas sur le sol israélien, aux premières minutes de cette visite d’Etat, Nicolas Sarkozy a exprimé, hier, sa conviction que « la sécurité d’Israël ne serait vraiment assurée qu’avec la naissance du deuxième Etat, l’Etat palestinien ». « C’est parce que je crois, avait-il encore dit, que le chemin de la paix n’est pas bloqué que je suis venu apporter mon soutien, celui de la France et de l’Union européenne, aux partenaires de la négociation ». Quelques instants plus tard, alors qu’il allait s’entretenir avec le président israélien, Shimon Pérès, il ajoutait : « Les risques pour la paix, il faut les prendre tout de suite car, attendre demain, c’est encore plus de risques ». Ami proclamé de ce pays, c’est au nom de l’intérêt d’Israël qu’il a, d’emblée, souligné la nécessité de ne plus repousser la création de l’Etat palestinien mais, président de l’Union européenne à compter de mardi prochain et hôte, dans trois semaines, du sommet de lancement de l’Union pour la Méditerranée, c’est avec tout autant de force qu’il a appelé les Israéliens à savoir prendre des risques – autrement dit, plus qu’ils n’en prennent aujourd’hui. Sur la longue distance, et Nicolas Sarkozy a raison de le dire, les percées se multiplient. L’Autorité palestinienne est vraiment décidée à trouver un compromis historique avec les Israéliens. Les partisans d’un Grand Israël, d’un Israël s’étendant, à ses frontières bibliques, sont aujourd’hui marginalisés sur la scène politique israélienne. Syriens et Israéliens ont entamé des pourparlers de paix indirects, par l’intermédiaire de la Turquie. Leurs dirigeants seront ensemble, à Paris, pour le sommet de l’Union pour la Méditerranée. Il n’est pas totalement impossible, ni exclu ni certain, qu’ils se rencontrent à cette occasion. La trêve entrée en vigueur, jeudi, entre le Hamas et Israël, semble, parallèlement, tenir. Plus étonnant encore, on pourrait assister sous peu à un échange de prisonniers entre Israël et le Hezbollah, le mouvement chiite libanais proche de l’Iran. La stabilisation intérieure libanaise, enfin, contribue à cette détente relative de l’atmosphère régionale. Sur la longue distance, les progrès sont aussi multiples qu’indiscutables mais il y a un point noir, malheureusement central. Entamées en septembre dernier, les négociations israélo-palestiniennes n’avancent pas. Il y a, maintenant, peu de chances qu’elles se concluent, comme prévu, à l’automne car, bien qu’il n’y ait pas de blocages sur le fond, tout vrai mouvement a été freiné par les tirs du Hamas sur le territoire israélien, constants jusqu’à la semaine dernière, la poursuite, tout aussi constante, du développement des colonies israéliennes et l’affaiblissement politique du Premier ministre Ehud Olmert, objet d’une enquête sur le financement de ses campagnes électorales. Comme l’ont déjà fait les Américains, Nicolas Sarkozy devrait insister sur la question clé des colonies, au nom de la France et de l’Union, mais la paix n’est sans doute pas pour cette année.

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