Les djihadistes perdent pied et n'en sont que plus dangereux

Patrouilles policières dans le centre de Londres, le 23 mars 2017. Sept personnes ont été arrêtées, y compris à Londres et à Birmingham, mercredi, lors d'une attaque terroriste au Parlement britannique
Patrouilles policières dans le centre de Londres, le 23 mars 2017. Sept personnes ont été arrêtées, y compris à Londres et à Birmingham, mercredi, lors d'une attaque terroriste au Parlement britannique © AFP / Daniel Leal-Olivas

C’était un an, jour pour jour, après les attentats de Bruxelles. Cela suivait de peu Orly. Cela précède bien évidemment, nul doute à cet égard, d’autres attentats ou tentatives d’attentats en Europe, aux Etats-Unis ou sur d’autres continents. Le danger est là, rampant, omniprésent, hier à Londres, demain ailleurs, mais le paradoxe est que jamais les mouvements islamistes n’ont pourtant été aussi faibles qu’aujourd’hui.

L'absence de soutiens

Il fut un temps où des Etats les soutenaient, en leur accordant asile, fermant les yeux sur eux ou, même, en les organisant. C’est d’Afghanistan où il s’était installé qu’Oussama ben Laden avait organisé le 11 septembre sans avoir à craindre que les Taliban ne contrarient ses projets.

A ses débuts, la révolution iranienne avait prêté la main à des attentats censés servir son expansion.

Pour contrer l’Iran et soutenir la cause sunnite, l’Arabie saoudite, le Koweït et la Turquie, directement ou indirectement, pendant quelque seize ou vingt mois, avaient soutenu l’Etat islamique, Daesh, dans sa bataille contre le pouvoir syrien et ses alliés chiites.

Tout cela donnait armes, argent et protections au terrorisme mais il y a longtemps que l’Iran ne joue plus cette carte, que l’Afghanistan n’est plus la place forte d’al Qaëda, que l’Arabie saoudite, le Koweït et la Turquie n’utilisent plus Daech dans la guerre entre les deux religions de l’islam qui déchire le Proche-Orient, qu’il n’y a plus d’Etats derrière le terrorisme car tous ont compris qu’il se retournerait contre eux et que d’autres Etats, les grandes puissances, leur ferait payer cher cette dangereuse inconscience.

Il n’y a plus que des débris d’al Qaëda et Daech perd la partie

Jour après jour, dans les plus grandes difficultés mais avec une constante progression, l’armée irakienne, soutenue par des combattants kurdes et les frappes de la coalition arabo-occidentale formée à cet effet, reconquiert Mossoul dont Daesh avait fait sa capitale en Irak.

Cette bataille n’est pas même achevée que les efforts des puissances arabes et occidentales se concentrent sur Raqqa dont l’Etat islamique avait fait, en Syrie, son autre capitale.

Après n’avoir pas été loin de vraiment former un nouvel Etat sunnite à cheval sur l’Irak et la Syrie, Daech perd maintenant pied et ses tentatives de reconversion en Libye et dans le Sahel sont préoccupantes mais guère concluantes.

Au lendemain de Londres, le constat est difficile à formuler mais, si meurtrier qu'il demeure, le terrorisme a du plomb dans l’aile.

Tout le problème est que rien n’est plus dangereux qu’un animal blessé n’ayant plus rien à perdre. Les attentats vont se poursuivre, et probablement pour longtemps, parce qu’ils sont la dernière arme de Daech qui les a désormais essentiellement sous-traités à des paumés décidant seuls de passer à l’action pour donner un sens à leur vie en se réclamant du djihad et que les services de renseignements ont énormément de mal à repérer car ils viennent avant tout de leurs propres failles.

Le terrorisme se survit à lui-même mais il s’essouffle.

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