La France n’est que l’une des deux puissances militaires de l’Union européenne. La France n’est que l’une des premières économies mondiales mais à l’initiative, au cœur de tout, elle n’en occupe pas moins aujourd’hui, c’est un fait, une place absolument centrale sur la scène internationale.

François Hollande reçoit ce matin le premier ministre britannique David Cameron et recevra Angela Merkel mercredi. Il se sera, entre temps, entretenu mardi, à Washington avec Barack Obama et sera, jeudi, à Moscou pour tenter d’y convaincre Vladimir Poutine de cesser ses frappes contre l’insurrection syrienne, de les concentrer toutes entières sur Daesh et de se joindre ainsi à la « grande coalition » que la France appelle de ses vœux depuis les tueries qui l’ont endeuillée.

C’est une partie décisive que joue la France car, si cette coalition se formait et se formait avec la Russie, Daesh devrait alors faire face à la même puissance de feu et, surtout, au même front politique que les Occidentaux, la Russie et les pays arabes avaient constitués en 1990 pour chasser l’Irak du Koweït envahi. Ce n’est pas seulement que l’anéantissement de Daesh ne serait ainsi plus qu’une question de mois.

C’est aussi que les Etats-Unis, l’Europe et la Russie post-communiste reviendraient sur une longue rupture qui leur est aussi préjudiciable à tous qu’à la stabilité internationale, que leurs différents, notamment ukrainien, pourraient se résoudre sans difficultés majeures, que le Conseil de sécurité des Nations Unies sortirait de son blocage actuel et que l’on pourrait, de surcroît, espérer que les deux piliers du continent Europe, l’Union européenne et la Fédération de Russie, puissent enfin conclure ces accords de coopération économique et de stabilité politique dont ils auraient aussi besoin l’un que l’autre.

A l’heure qu’il est ce lundi, on n’y est cependant pas. Il n’est absolument pas certain, non plus, qu’on y arrive tant les difficultés sont grandes mais l’Allemagne ne sera certainement pas un obstacle, David Cameron ne semble plus loin de convaincre son Parlement d’autoriser une intervention contre Daesh en Syrie, contre cette « bande de meurtriers » dit Barack Obama qui a résolu de les « détruire ». « Nous les éliminerons », a-t-il déclaré hier en espérant, comme François Hollande, que la Russie s’engage à une transition en Syrie avec un départ d’Assad pour devenir un « partenaire » de cette bataille.

Reste donc à convaincre les Russes et les Iraniens. Vladimir Poutine sera aujourd’hui à Téhéran où il sera reçu par le Guide suprême, Ali Khamenei, plus haute autorité de ce pays et chef de ses forces armées. Les deux alliés de Bachar al-Assad se concertent et ce qu’ils vont évidemment demander, ce sont des garanties sur la pérennité de leurs influences respectives en Syrie. La négociation sera d’autant plus dure que ce ne sont pas des choses qui se disent officiellement. Les dés sont jetés, la roue tourne. C’est en fin de semaine qu’on y verra plus clair.

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