Ce matin, nous partons pour le Japon où le 1er ministre a remporté une victoire éclatante...

Non seulement, son parti, le PLD, a remporté la majorité des sièges mais il a même fait mieux : il a remporté une « super-majorité », c'est-à-dire les deux-tiers du Parlement, la Diète  : 312 députés sur 465.

De peu certes, mais Shinzo Abe est au pouvoir sans discontinuer depuis 2012 et avant lui ! C’est d’autant plus incroyable quand on sait, en plus, que les Japonais ne l'aiment pas : 51% d'entre eux souhaiteraient un autre 1er ministre.

Je vais vous raconter une petite histoire : il y a deux mois, à cette même antenne, j'avais expliqué à nos auditeurs qu'avec une telle impopularité, à l'époque il plongeait à moins de 35%, il serait difficile pour lui de se maintenir longtemps.

Qu'est-ce qu'il s'est passé en deux mois ?

D'abord, en me focalisant sur la tête de gondole, j'avais oublié de regarder l'Etat déplorable de la boutique politique japonaise. Autrement dit l'opposition. Le Parti démocrate est divisé, discrédité et ne représente plus grand chose.

Il y a bien eu une surprise de dernière minute : la nouvelle gouverneure de Tokyo, mme Koike charismatique et télégénique. En quelques semaines, elle a monté son parti, le Parti de l'Espoir, et défié le 1er ministre.

Mais elle a commis une erreur fatale, ou un calcul de trop, c'est selon. Elle a refusé de démissionner de son tout nouveau poste de gouverneure de Tokyo pour affronter Shinzo Abe. C'est donc un nouveau parti sans tête qui est allé au charbon : l'échec était écrit d’avance.

Donc Shinzo Abe a vaincu sans véritables adversaires...

C’est bien connu : au royaume des aveugles, les borgnes japonais sont rois ! Mais il a des raisons, plus nobles qui expliquent cet exploit électoral.

Rappelons que, s'il va au bout de son mandat en 2021, Mr Abe deviendra le 1er ministre japonais ayant servi le plus longtemps !

En fait, Shinzo Abe est un « survivant ». Il est devenu 1er ministre une première fois en 2006. Puis il a été balayé du pouvoir un an plus tard après une humiliante défaite. Il y eu droit à une seconde chance en 2012 et depuis, il n'a plus jamais lâché l'affaire.

C'est le « come-back kid » de la politique japonaise. Même impopulaire, il offre au Japonais un bien précieux pour eux : la stabilité. Avant 2012, le Japon avait connu 6 premiers ministres en 6 ans.

Or dans la région, les missiles intercontinentaux nord-coréens passent au-dessus de la tête des Japonais et la Chine patrouille non loin de leur côtes.

La stabilité est donc un bien très ennuyeux, certes, mais très précieux. Shinzo Abe, qui offre de réviser la Constitution japonaise pour la rendre plus belliqueuse, a parfaitement compris ce besoin de continuité et de protection.

Alors même malaimé, les Japonais ont préféré le diable qu’ils connaissent…

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