Ils sont désormais plus de 7 000 à se diriger vers les Etats-Unis, tous originaires d'Amérique centrale et du Mexique. Pourquoi ont-ils décidé d'être aussi visibles et surtout, réussiront-ils à passer la frontière?

On ne parle parle que de cela aux Etats-Unis : la caravane de migrants en marche vers la frontière sud : une file de 160 migrants partis à pied du Honduras il y a quelques semaines qui aujourd'hui compte 7 200 Honduriens, Nicaraguayens Guatémaltèques et Mexicains en route pour la frontière avec les Etats-Unis.

On connait ces images en Europe : ce sont les mêmes qu'en 2015, lorsque des colonnes de réfugiés ont traversé l'Europe centrale pour rejoindre l'Allemagne. Aux Etats-Unis, elles sont récurrentes : ne caravane de ce genre s'était déjà formée en mars dernier.

Sauf que cette fois-ci, on est à quelques semaines des élections dites de « mid-term » aux Etats-Unis. Du coup, Donald Trump s'est déchaîné, multipliant les tweets, menaçant de couper l'aide des Etats-Unis aux pays d'Amérique centrale ou d'envoyer l'armée.

Une "caravane" pour se protéger

Etre en "formation", rassemblé et unis est particulièrement malin et logique. En formant des colonnes de plusieurs centaines ou plusieurs milliers de personnes, ils se protègent. Tout bêtement. D'abord, ils concentrent les secours. Les ONG, savent où les trouver et peuvent les aider en une fois.

Ensuite, ils se protègent des passeurs et des profiteurs qui peuvent racketter quelques dizaines de personnes isolées mais pas des milliers de candidats à l'émigration. Eh puis, ils débordent les forces de l'ordre qui ne peuvent rien pour les arrêter.

Enfin, ils politisent leur épopée en attirant les caméras et obligent les politiques à prendre position. Donald Trump a reçu le message cinq sur cinq les traitant de voyous, mais le nouveau président mexicain aussi qui veut leur délivrer des permis de travail.

La moitié d'entre eux entreront quoiqu'il arrive

D'abord, les Etats-Unis sont en surchauffe économique. Une croissance qui flirte avec les 4% - un taux quasiment chinois – et un chômage au plus bas. Or ces migrants sont parfaitement au courant : ils ont de la famille, des amis côté américain.

Des connaissances qui leur parle sur WhatsApp ou Facebook et leur disent que du boulot, il y en a en veux-tu en voilà. Donc, ils tentent leur chance. Ensuite, Donald Trump ou pas, impossible de contrôler une frontière américano-mexicaine longue de 3 000 kms.

Entre les deux-tiers et la moitié d'entre eux passeront, quoiqu'il arrive. Enfin, l'immense majorité des migrants n'entre pas en traversant le rio Grande mais en prenant l'avion ou le bus, tout bêtement, et avec des visas de tourisme, ou autre, parfaitement en règle.

45 millions d'Américains nés à l'étranger, du jamais vu depuis 1910

On ne peut pas non plus dire cela. Le nombre de résidents aux Etats-Unis nés à l'étranger est à son plus haut historique depuis 1910, c'est-à-dire plus d'un siècle : environ 45 millions de personnes sont nées à l'étranger, un peu moins de 14% de la population.

Sauf que la moitié d'entre eux sont déjà de nationalité américaine. Et surtout, l'immigration en provenance d'Amérique du sud a tendance à diminuer en proportion, compensée par l'arrivée massive d'Asiatiques, surtout Chinois et Indiens.

Autrement dit, cette focalisation trumpienne sur les sud-américains est presque obsolète. Vous verrez que les mêmes qui aujourd'hui vomissent les Latinos, expliqueront demain que l'hindouisme ou le confucianisme menacent l'identité américaine.

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