L’élection n’aura lieu que le premier mardi de novembre 2012, les primaires ne s’ouvriront qu’au début de l’année prochaine mais la campagne présidentielle américaine a d’ores et déjà commencé. Débats et sondages, elle a pris deux bons mois d’avance parce les Américains sont de plus en plus pessimistes sur l’état de l’économie, que c’est là-dessus que se jouent les présidentielles et que Barack Obama n’a pas même, au contraire, de grands succès de politique étrangère à faire valoir.

Toujours populaire en Europe, le président sortant l’est de moins en moins dans son pays où la gauche lui reproche ne pas avoir su profiter du krach de 2008 pour mettre Wall Street au pas, où la droite le considère comme un dangereux socialiste et où le centre, ce marais d’électeurs dits « indépendants » qui balance traditionnellement entre Démocrates et Républicains, n’estime pas qu’il ait fait ses preuves, pas plus à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Aussi injuste qu’elle soit puisque Barack Obama a su éviter que la faillite de Lehman Brothers ne débouche sur une catastrophe financière, faire voter une généralisation de la couverture médicale et redresser une image internationale des Etats-Unis que son prédécesseur avait gravement mise à mal, cette impopularité est un fait. Trop cérébral, trop réfléchi et trop consensuel aussi, Barack Obama aura toujours tant voulu se faire accepter et convaincre plutôt que de décider qu’il a déçu un pays qui avait besoin qu’on lui redonne confiance en lui-même et qui n’a pas trouvé en lui le chef, le leader qu’il voulait. Fragilisé, ce président est donc contraint de se mettre en campagne dès maintenant tandis que la possibilité de le battre aiguise les ambitions des prétendants républicains qui tentent de se positionner dès maintenant.

A droite, deux hommes se détachent à ce jour, incarnant deux stratégies totalement opposées. Ancien gouverneur du Massachusetts, riche, bien né et formé à Harvard, Mitt Romney est le parfait candidat de centre droit grâce auquel les Républicains pourrait rafler les voix des Indépendants et des Démocrates les plus conservateurs. Il est le favori des sondages, battant largement Barack Obama et tous ses adversaires républicains dans les intentions de vote. Logiquement, l’investiture devrait lui revenir mais le vent souffle très à droite à la base du parti républicain, ce sont les électeurs les plus motivés qui participent aux primaires et, dans cet électorat-là, le gouverneur du Texas, Rick Perry, ardent partisan de la peine de mort, grand pourfendeur de l’Etat fédéral et, notamment, du système de retraite, remporte un franc succès.

Rick Perry peut décrocher l’investiture républicaine et, si c’était le cas, la présidentielle se jouerait dans un affrontement droite gauche comme les Etats-Unis n’en ont pas connu depuis longtemps car Barack Obama a clairement choisi son positionnement. Il fera campagne à gauche, sur la nécessité de relever l’impôt des grandes entreprises et des plus fortunés pour assurer la justice fiscale et donner à l’Etat les moyens d’investir dans les infrastructures et l’éducation. Ce sera la puissance publique contre les marchés, le débat qui dominera partout toutes les prochaines élections.

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