Pendant 48 heures au siège de l’ONU, les tractations seront intenses pour tenter d’amorcer une désescalade dans le Golfe, après l’attaque de l’Arabie saoudite. La France tente une médiation dans un contexte hostile.

Le régime iranien a organisé dimanche 22 septembre un défilé militaire devant les principaux dignitaires, à l’occasion du 39ème anniversaire du déclenchement de la guerre Iran-Irak.
Le régime iranien a organisé dimanche 22 septembre un défilé militaire devant les principaux dignitaires, à l’occasion du 39ème anniversaire du déclenchement de la guerre Iran-Irak. © AFP / Fatemah Bahrami / ANADOLU AGENCY

Le Secrétaire Général des Nations-Unies, Antonio Gutteres, a raison de dire que la crise du Golfe est actuellement « la menace la plus sérieuse » à la paix dans le monde. Mais l’ONU n’a guère les moyens de peser sur ce dossier, même si c’est à son siège, à New York, que vont se dérouler 48 heures de tractations intensives, aujourd’hui et demain.

Trois hommes seront au centre de la scène de ce théâtre de la diplomatie qui réunit toute la planète : il s’agit de Donald Trump, d’Hassan Rohani, et d’Emmanuel Macron. Pourtant, il n’y a quasiment aucune chance qu’ils se rencontrent à trois. Emmanuel Macron est le seul à parler à la fois à l’Américain et à l’Iranien, et c’est ce qui explique son rôle dans cette improbable équation.

Trump et Rohani, les présidents américain et iranien, deux hommes que tout oppose, historiquement, culturellement, et même par tempérament, auraient pu écrire une page d’histoire en se rencontrant à New York. C’est le scénario auquel travaillait la diplomatie française depuis le Sommet du G7 à Biarritz ; mais l’attaque des sites pétroliers saoudiens a tout remis en question.

A New York, tout ce que les diplomates espèrent obtenir est une désescalade : c’est le maître mot là où il y a quelques semaines ils espéraient bien plus. 

Le risque de la guerre immédiate s’est en effet éloigné, et si les États-Unis envoient des renforts en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, c’est à des fins défensives, pour rassurer leurs alliés pour rassurer leurs alliés déçus par l’absence de riposte américaine à l’attaque du 14 septembre.

Le problème est que la voie diplomatique est bien bouchée. L’Iran refuse tout contact avec les États-Unis tant que ces derniers lui imposent des sanctions, et le plan de paix que le Président Rohani va présenter à la tribune de l’ONU relève d’abord de la communication ; Tout le monde attend le verdict des différentes enquêtes, dont l’une française, menées pour déterminer l’origine des tirs sur l’Arabie saoudite. Si l’Iran est officiellement mis en cause, l’impasse sera totale.

D’autant qu’une nouvelle échéance va bientôt apparaître 

Le 6 novembre, l’Iran annoncera une nouvelle étape dans la remise en route de son programme nucléaire, si rien n’intervient d’ici là. Téhéran fait ainsi monter les enchères ; la guerre des nerfs est totale.

Un ancien responsable américain soulignait ce weekend que l’initiative française ne pesait pas lourd, mais que c’était la seule proposition sur la table. A l’Élysée, on était à peine plus optimiste.

Voici donc une région qui avance depuis des mois, pas à pas, vers la confrontation, sans que rien ni personne ne soit aujourd’hui en mesure de l’arrêter : 

  • Ni Donald Trump qui ne veut pas d’une guerre mais ne permet pas la désescalade de la crise qu’il a lui-même déclenchée en quittant l’accord nucléaire ; 
  • ni Hassan Rohani qui est au cœur d’un régime qui compte une aile dure conquérante, refusant les compromis ; 
  • ni enfin Mohammed Ben Salman, le prince héritier saoudien, humilié par la vulnérabilité révélée de son pays, et déçu par son protecteur américain.

Sauf miracle diplomatique, les prochaines 48 heures à l’ONU risquent d’être une occasion ratée. Si c’est le cas, l’escalade se poursuivra.

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