Des contacts sont pris, par l’intermédiaire de la Turquie. Il est bien trop tôt pour savoir s’ils aboutiront mais tout indique, aujourd’hui, qu’Israël propose à la Syrie de lui restituer, en échange d’un accord de paix, les hauteurs du Golan qu’il avait conquises en 1967 et annexées en 1981. C’est une agence de presse syrienne qui a vendu la mèche, hier matin – sur ordre, évidemment. Aussitôt interrogés, les services du Premier ministre israélien Ehud Olmert n’ont pas démenti cette information qu’ils ont seulement refusé de commenter et, dans la soirée, un ministre syrien a, lui, confirmé les choses sur la chaîne de télévision panarabe Al Djazira. Israël « est disposé à faire la paix avec la Syrie sur la base d’une restitution de la totalité du plateau du Golan », a-t-il dit en précisant qu’un message en ce sens avait été transmis à Damas par le Premier ministre turc, Recep Erdogan, et tout cela est venu éclairer les propos tenus, la semaine dernière, par Ehud Olmert et Bachar al-Assad, le président syrien. Le premier avait déclaré jeudi qu’Israël voulait « clairement » la paix avec la Syrie, qu’il entreprenait toutes les actions possibles à cette fin et que Bachar al-Assad connaissait les conditions israéliennes comme Israël connaissait les siennes. Le second avait informé, dimanche, son Comité central que « des parties amies s’efforçaient d’organiser des contacts entre Israël et la Syrie » mais que Damas rejetait toute négociation secrète et rendrait toute évolution publique - ce qui est, désormais, fait. Dernière indication, enfin, après avoir rencontré Bachar al-Assad, l’ancien président américain Jimmy Carter avait estimé, la semaine dernière, qu’environ 85% des désaccords avaient déjà été résolus entre Israël et la Syrie, y compris les questions des frontières, de l’eau, d’une zone de sécurité et d’un déploiement international. Tout est, bien sûr, dans ces 15% restants. Rien n’est fait. L’histoire des occasions manquées entre Israël et la Syrie est trop longue pour sous-estimer les possibilités d’un échec mais la certitude est que l’intérêt qu’auraient les deux pays à enterrer la hache de guerre est, maintenant, grand. Pour Israël, et c’est la condition qu’il pose, ce serait l’occasion de priver les islamistes palestiniens et le Hezbollah libanais du soutien que leur apportent les Syriens. Les négociations en cours avec Mahmoud Abbas, le Président palestinien, en seraient facilitées. La restitution du Golan constituerait un pas vers la reconnaissance d’Israël par l’ensemble des pays arabe puisque c’est l’une des deux conditions qu’ils y mettent avec la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967. Un tel accord, dernier point mais non le moindre, éloignerait la Syrie de l’Iran qui s’en trouverait isolé au moment où les sanctions internationales font sentir leur effet à Téhéran. Quant à la Syrie, c’est simple : elle trouverait là l’occasion de se réconcilier avec les grandes puissances qui l’ont ostracisée en raison de ses agissements au Liban. Un grand jeu s’est esquissé, hier, et il laisse penser que Damas prend au sérieux les négociations israélo-palestiniennes. On va voir.

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