Le Washington Post, qui n'a pas de lignes assez dure contre Donald Trump écrivait hier : « préparez-vous à un tsunami de Macron mania »

Mais le plus étonnant c'est le New York Times, la quintessence du journalisme sérieux tendance démocrate : depuis quelques mois, on commence à lire des articles fielleux sur Emmanuel Macron. Pourquoi ? Parce qu'en parlant à Trump, il le rend crédible.

Le New York Times est en guerre contre « the Donald », comme disait Barack Obama. Or la dernière chose qu'il désire, c'est qu'on puisse prendre au sérieux Donald Trump. Quitte à faire du président Macron, un dommage collatéral. A la guerre comme à la guerre.

L'angle du New York Times pour expliquer comment un homme aussi responsable qu'Emmanuel Macron peut-il parler à un président aussi illégitime, erratique et dangereux que Trump est le suivant : entre les deux, c'est une « bromance ».

Une sorte de lien entre fraternel et amoureux qui ne relève pas du rationnel. Ce conte pour enfants est repris sans guillemet ni notes en bas de pages par l'ensemble de la presse française. Permettez-moi ici de lui tordre le coup.

Emmanuel Macron expliquait il y a quelques jours qu'il n'avait pas d'amis. Il reprenait en fait le général de Gaulle disant « la France n'a pas d'amis, elle a des intérêts ». Il se trouve qu'Henri Kissinger disait la même chose et qu'on peut l'appliquer à Donald Trump.

Donc il n'y a que du calcul dans cette relation...

Oui, évidemment. Un calcul froid comme une équation sans x, c'est à dire sans suspense : les Etats-Unis sont la première puissance mondiale, ils sont un pays occidental et sont nos alliés depuis 250 ans. Il faut leur parler et ne pas les isoler.

Donald Trump ne demande pas qu'on l'aime. Lui aussi est un animal a sang-froid. Vous l'avez déjà vu rire ? Il demande du respect et de la considération. Il a d'ailleurs viré de son entourage tous les donneurs de leçons surdiplômés. Inculte mais pas stupide.

Emmanuel Macron l'a très vite compris, lui qui est exactement l'inverse : la quintessence de la réussite bourgeoise à la française. Mais a-t-il bien compris à quel genre politique appartenait Donald Trump ?

Les Américains réfléchissent depuis des mois à la case où placer le trumpisme et ils ont trouvé : Trump est un jacksonien, c'est-à-dire un rejeton du seul président populiste de histoire des Etats-Unis, Andrew Jackson, président entre 1829 et 1837.

Les Jacksoniens sont paranoïaques : ils voient des ennemis partout, surtout à l'intérieur – ce sont les complots et les fake news de Trump. Tous leurs efforts consistent à mobiliser leurs partisans, jusqu'à l'épuisement, contre cette hydre.

A l'extérieur, ils rendent coup pour coup. Mais guère plus. Rajoutons qu'en plus, ils détestent le multilatéralisme, qui relativise les Etats-Unis. On l'a compris, dans ces circonstances jacksonienne, les chances de convaincre Donald Trump sont quasi nulles.

Même pour un jeune Français si brillant, si charmant qui « murmurerait à l'oreille du Donald » comme l'explique ce matin une presse américaine un rien… condescendante…

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